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yekini_0112Yakhya Diop dit Yékini tourne le dos à la lutte. L’ancien «Roi des arènes», après 24 ans d’une carrière bien remplie, a officialisé sa retraite de l’arène, hier lors d’une conférence de presse.

PPar  Amadou Mbodji – Yakhya Diop Yékini, 42 ans, a pris sa retraite. Officialisant cette décision hier au cours d’une conférence de presse aux Résidences Mamoune, l’ancien «Roi des Arènes» l’explique par sa longévité dans l’arène. A en croire l’enfant de Bassoul, «24 ans de carrière, ça suffit. A compter d’aujourd’hui, je vous annonce que je ne vais plus lutter. Je décroche. C’est un jour spécial pour moi».
L’ancien chef de file de l’écurie Ndakaru, qui a régné sur l’arène pendant une quinzaine d’années avant d’enregistrer deux défaites, balaie d’un revers de main  les rumeurs liant son départ à des raisons de santé. De même que celles que certains lient à ses deux derniers revers de suite concédés face à Balla Gaye 2 et Lac de Guiers 2.
«Ce n’est pas à cause de problèmes de santé que je quitte la lutte. J’ai pensé que l’heure de ma retraite a sonné. Tout lutteur qui ferait le nombre d’années que j’ai passées dans la lutte, devrait penser à raccrocher. Ça fait longtemps que j’avais voulu prendre ma retraite. C’est vous dire que ce n’est pas à cause de mes deux seules défaites dans l’arène.» Avant d’ajouter : «Si ceux qui se faisaient battre prenaient leur retraite, je vous garantis que plusieurs lutteurs seraient partis depuis longtemps.» Aux côtés de son entraîneur, Amadou Katy Diop et des autres membres de son staff, Yékini se réjouit de son parcours.

Un jubilé au cours de la saison
Au cours de la conférence, il a annoncé la tenue de son jubilé cette saison. Une occasion au cours de laquelle, précise-t-il, il rendra hommage aux amateurs et à ses fans.
Après 24 ans d’une carrière bien remplie avec 22 combats pour 19 victoires, un nul et deux défaites. Et avec une réussite dans toutes les trois formes de lutte, à savoir la lutte simple, la lutte Olympique et la lutte avec frappe, Yékini n’entend pas pour autant tourner le dos à la discipline qui lui a tout donné. Avec sa structure «Faata Production», il promet de continuer à organiser des galas de lutte simple et éventuellement avec frappe. En tant que légende de la lutte, il affiche sa disponibilité à travailler avec le Comité national de gestion (Cng) de la lutte, si le besoin se fait sentir.
Quant à l’idée de créer sa propre écurie, Yékini n’y songe nullement pas puisqu’il compte intégrer le staff technique de Ndakaru pour faire bénéficier de son expertise aux jeunes de l’écurie.  «Je confirme mon ancrage à Ndakaru qui, comme mon village Bassoul, s’est confondue à mon nom», a-t-il indiqué.
Désormais en dehors de l’enceinte, Yékini confie que son vœu est de voir un champion sérère émerger du lot pour entretenir l’héritage laissé entre les mains de cette communauté.

Message à la génération actuelle
Reconnaissant envers toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de sa carrière comme Mouhamed Ndiaye Robert Diouf, feu Youssou Diène, les anciennes gloires, ses adversaires et ceux avec qui il n’a pas eu l’opportunité de se frotter, l’enfant de Bassoul a terminé sa conférence de presse en plongeant l’assistance dans les bons souvenirs de ses débuts au sein l’Arène.
«Les images de ma carrière défilent et je revois mes premiers pas dans l’apprentissage de la lutte. Je me souviens de mon premier combat contre Kadd Gui le 10 août 1997. Quel mémorable souvenir ?  Que de sacrifices au moment où les gens de ma génération s’offraient des moments de plaisir», se remémore le champion.

Le Cng fait faux bond
Dans une voix empreinte d’une forte émotion, Yékini rend grâce à Dieu pour lui avoir permis de vivre «ces moments intenses et de participer à l’effort de révolutionner la lutte avec frappe».  «Nous avons revalorisé notre métier pour devenir des personnalités de la République respectées en tant que porteurs de voix», s’est félicité celui que l’on surnomme «le grand champion».
La transition est tout trouvée par Yakhya Diop «Yékini » pour demander aux jeunes lutteurs de faire étalage de leur talent et d’ajouter une plus-value à la discipline. «Ils sont incontestablement des champions, mais ils devront écrire une nouvelle page de l’histoire», a-t-il soutenu en guise de conseil à la jeune génération.
A noter l’absence du Cng de lutte qui pourtant a été invité par le champion sérère.
ambodji@lequotidien.sn

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