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Les apéristes de Kédougou veulent mettre en place un comité de pilotage élargi qui remplacerait le coordonnateur départemental Lesseyni Sy. Il est reproché à ce dernier d’être à l’origine de la léthargie de son parti.

Ça sent le roussi dans les rangs de l’alliance pour la République (Apr) à Kédougou. Lesseyni Sy, le coordonnateur départemental du parti du président de la République fait face à de vives contestations de la part de ses camarades de parti. Très remontés contre les saignées qu’enregistre le parti et sa léthargie, les camarades de Lesseyni Sy ambitionnent de le remplacer par un comité de pilotage élargi, pour animer le parti, le massifier et empêcher le départ en cascade des militants de l’Apr vers d’autres formations politiques. A cet effet, Mamadou Diop responsable politique Apr à Kédou­gou lance : «Le parti ne vit pas à Kédougou et Lesseyni Sy constitue un blocage pour son bon fonctionnement et sa massification». Mais s’il est convaincu que Lesseyni ne fait pas l’affaire, il est prudent par rapport à sa destitution et avertit : «Si on l’enlève, on mettra qui à sa place» ?
Pour répondre à cette interrogation, Amadou Niang responsable politique de la même formation estime qu’il faut «mettre en place un comité de pilotage». Car selon lui, «le parti ne pourra jamais gagner les Législatives qui se profilent à l’horizon avec le sieur Sy à la tête de sa coordination». Pour ce qui est des élections, Mamadou Diop ne s’est pas empêché de revenir sur les joutes de 2014, où le parti a été laminé par le Parti démocratique sénégalais (Pds) conduit par l’actuel maire de Kédougou, Mama­dou Adji Cissé.
En 2014, fulmine le sieur Diop «l’alliance au pouvoir a enregistré 1425 voix contre 1654 pour le Pds ». Suffisant pour Amadou Diop de conforter l’opinion selon laquelle le président de la République, chef de file de l’Apr, «sait que Kédougou n’est pas avec son parti». Pour changer la donne, il dit qu’il faudrait pour lui, «taire les querelles intestines et travailler à sa massification».
A cette idée de massification, le maire de la commune de Dindéfélo, Kikala Diallo, par ailleurs coordonnateur des maires de l’Apr à Kédougou, adhère entièrement et sans réserve. A l’en croire, il y a de cela 8 mois, une rencontre a été tenue pour statuer sur le fonctionnement du parti avec le coordonnateur départemental. A l’issue de la rencontre des recommandations ont été données et le coordonnateur devait entamer des visites pour rencontrer tous les leaders et responsables de partis. Hélas ! regrette-t-il «il n’y a jamais eu de déplacement de la part de Lesseyni Sy». Pour autant, précise le maire de Dindéfélo, «c’est dans la commune de Kédougou que l’Apr ne vit pas». Selon lui, chacun veut être devant. Ce problème ne se pose pas au niveau des autres localités, où les maires ont fait un bloc autour de sa personne pour défendre les intérêts du parti.

La contre-attaque de Lesseyni
L’adage dit, «même la chèvre trop acculée finit par mordre». Le coordonnateur départemental de l’Alliance pour la Répu­blique, Lesseyni Sy, n’a pas mis de temps pour monter au créneau et recadrer ses «détracteurs». En point de presse, il a indiqué qu’il ne parlait pas pour faire des déballages mais pour «rétablir la vérité». Le sieur Sy s’est inscrit en faux contre ses camarades qui parlent de léthargie du parti. «Le parti vit bien à Kédougou», soutient-il avant de prendre en exemple les échéances électorales qui ont été remportées par son parti et la coalition Benno bok yakaar. A l’endroit de ses détracteurs, dont la plupart étaient avec lui au début du parti à Kédougou, il assène : «Je suis victime de mon ouverture».
Sinon s’interroge-t-il, «comment expliquer qu’il faille que je sois toujours présent pour que le parti fonctionne» ? Prenant pour exemple le renouvellement des cartes d’identité, combiné à l’inscription sur les listes électorales, il informe : «Lors du démarrage des inscriptions, j’étais absent du territoire national. Nous ne sommes même pas représentés à la commission mise en place par le préfet. Pourtant, toutes les dispositions ont été prises. Ceux qui s’agitent et crient sur tous les toits au nom du parti, ils étaient où» ? Quant à lui, prévient-il, «je ne suis pas dans une politique de spectacle, d’animation. Je suis dans le développement pour l’intérêt supérieur des populations».
msdiallo@lequotidien.sn

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