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Senegalese opposition presidential candidate and former Prime Minister Macky Sall speaks during an interview on March 24, 2012 in Dakar, on the eve of the run-off election. Senegal was called to calm today on the eve of a run-off election in which incumbent Abdoulaye Wade, 85, is looking to extend his 12-year rule in a face-off against the full might of the country's opposition. The elections commission urged the candidates not to declare victory prematurely, while observer missions called for a clean vote in the west African country whose reputation for stability is on the line. AFP PHOTO/ SEYLLOU

Dans sa stratégie de «réduire l’opposition à sa plus simple expression», Macky Sall exploite à son profit tout acte répréhensible posé par ses opposants. Par des actions aux relents politiciens, le pouvoir utilise toute parcelle d’«erreur» de ses détracteurs pour sévir.

Dans le jeu de ruse entre le pouvoir et l’opposition, toute erreur peut s’avérer fatale.  C’est une arène de règlement de comptes entre deux camps qui se sont toujours regardés en chiens de faïence. Dans cette bataille aux allures de «mortal kombat», Macky Sall, au pouvoir, a donc une plus grande marge de manœuvre, et exploite toute largesse offerte par l’opposition. Une stratégie politicienne, mais logique pour un homme politique. Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko, Idrissa Seck, aujourd’hui Khalifa Ababacar Sall, sont des cas illustratifs de la stratégie «mackyavélique» du chef de l’Apr. Il faut le dire, l’emprisonnement de Khalifa Sall peut sembler avoir une connotation politique, voire politicienne. Ce­pendant, le président de la République qui a officialisé son antagonisme avec Khalifa Sall lors d’une interview dans Jeune Afrique en décembre dernier, scrutait attentivement les actions du maire de Dakar. Ce dernier contrôle la capitale depuis 2009, et est une menace sérieuse pour Macky Sall d’abord en 2017 et peut-être aussi, en 2019.
Le rapport de l’Ige épinglant sa gestion de la caisse  d’avance de la mairie de Dakar a donc offert à Macky Sall, un moyen de neutraliser Khalifa Sall, un «potentiel adversaire». La diligence avec laquelle l’affaire a été portée devant la justice semble confirmer cette thèse. Mais il faut relever que Khalifa Sall a donné le glaive à Macky Sall pour se faire couper la tête. Les failles notées dans sa gestion ne peuvent pas être niées par sa défense. En concédant qu’il n’est pas le seul ou le premier à avoir utilisé ces fonds de la sorte, l’édile de la capitale s’est fragilisé. En animal politique particulièrement doué et roué, Macky Sall a sauté sur la brèche pour lui asséner un coup de massue. Direction Rebeuss. Mais avant lui, ses proches qui l’ont devancé en taule, avaient donné à Tanor Dieng l’occasion de les écarter pour «tentative d’assassinat».

Ces «fautes» des opposants et Macky le politicien
S’ils sont présumés innocents, Bamba Fall et Cie n’auraient jamais goûté à la prison sans cette chaude journée du 5 mars 2016. «Ceux qui nous ont fait cela le paieront», avait promis le secrétaire général du Ps. «En politique, les vertus ne sont pas toujours récompensées mais les fautes se paient», déclarait l’ancien Premier ministre socialiste français, Léon Blum. A tort ou à raison, le maire de Dakar semble payer pour ses options. Avant lui, Idrissa Seck a été pris dans le piège tendu par l’Apériste en chef. En proposant deux de ses lieutenants pour siéger dans le gouvernement de Abdoul Mbaye, le président du Conseil départemental de Thiès s’est retrouvé dos au mur lorsque Oumar Guèye et Pape Diouf lui ont tourné le dos, au profit de Macky Sall. Salgakam et Bambey qui en une période, étaient des bastions de Rewmi, sont aujourd’hui dans l’escarcelle de l’Apr et du Pds. En décimant le parti de Idy, Macky Sall qui a aussi débauché Me Nafissatou Diop Cissé, a jugé «sans intérêt» la réouverture du Protocole de Rebeuss.
Un ancien locataire de la Primature vit également les turpitudes de la «réalpolitik». Mis sous contrôle judiciaire par le procureur de la République dans le cadre d’une affaire de divorce qui l’oppose à son ancienne épouse Aminata Diack, Abdoul Mbaye crie à l’ «instrumentalisation de la Justice tendant à (l’) exclure» de la prochaine élection présidentielle de 2019. Mais il n’est pas le seul à être tombé. Parmi ceux qui ont donné à Macky l’occasion de les «punir» par des moyens judiciaires, on peut aussi citer Ousmane Sonko, qui pour une attitude de défiance vis-à-vis de l’Etat, a perdu son poste d’inspecteur des impôts et des domaines. Arguant que le Président du parti Pasteef a failli à son «devoir de réserve», son ministre l’a révoqué. Au­jourd’hui, dans une posture de matois, le pouvoir attend toute faute de l’opposition pour couper encore des têtes. A moins de 5 mois des Législatives, Macky Sall déroule sa stratégie avouée de «réduire l’opposition à sa plus simple expression». Pour se donner les chances d’avoir une bonne majorité à l’Assemblée nationale avant 2019. Et préparer tranquillement 2019 ?
bgdiop@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Comment Lamine Diack a-t-il fait pour rester à la tête de l’IAAF pendant 15 ans? Talent? Chance? MARABOUTAGE! En effet, Mara Baba Kounta et Babere Kounta, les deux marabouts de M. Diack, ont fait en sorte d’écarter de son chemin tout potentiel concurrent. Grace à leurs dons mystiques, Lamine Diack était à chaque fois, et cela pendant 15 ans, le seul candidat à briguer la présidence de l’IAAF. Mais depuis la mort des frères Kounta, le château s’écroule, les masques tombent, la vérité éclate. À quand l’incarcération des Diack père et fils? Nombreuses autres révélations à suivre…

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