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Avec toutes les ressources de son sol et de son sous-sol, le continent africain ne pourrait être taxé de pauvre que de manière abusive, surtout parce que les termes de l’échange économique ne sont pas à son avantage. Ce que Macky Sall demande à changer.

L’Afrique recèle des richesses inestimables. Selon une étude de la Banque africaine de développement (Bad), intitulée Croissance de l’Afrique, libérer le potentiel de l’afro industrie, le continent possède 12% des réserves pétrolières mondiales, 40% des réserves d’or, 85 à 95% des réserves de métaux, du platine, 95% des réserves de phosphates et plus de 50% des réserves de cobalt et 1/3 de réserves de bauxite sans compter les ressources hydriques et foncières d’un continent de 30 millions de km2, abritant 60% des terres arables non encore exploitées. «L’Afrique n’est pas pauvre, elle est plutôt pénalisée par les règles de l’échange inégal. C’est pourquoi elle réclame une gouvernance économique et financière mondiale plus inclusive, une lutte plus soutenue contre les flux financiers illégaux et une juste rémunération des matières premières, en particulier dans le domaine des mines et du pétrole», a plaidé Macky Sall à la cérémonie d’ouverture du Sommet africain de la paix et de la sécurité. Cependant, le chef de l’Etat sénégalais estime que l’Afrique doit lutter contre la corruption.
Aussi faudra-t-il, selon M. Sall, des contrats miniers plus justes et plus équitables qui protègent à la fois les intérêts de l’investisseur et ceux du pays d’accueil. Bien sûr, «c’est aussi avec des ressources humaines de qualité, une jeunesse bien formée et avertie des réalités de son temps que l’Afrique réussira le pari de l’émergence». Par ailleurs, le président de la République s’est réjoui que le thème du premier sommet africain de la Fédération pour la paix universelle (Fpu) mette en lumière l’émergence d’une nouvelle Afrique à l’aune de l’interdépendance de la prospérité inclusive et des valeurs universelles.
Macky Sall croit en cette Afrique nouvelle, capable de se prendre en charge. «Une Afrique qui pense et agit par et pour elle-même en dépit du fardeau de l’histoire et des pesanteurs des relations asymétriques.» Pour lui, l’Afrique qui est en majorité un continent stable, actif, laborieux et ingénieux, qui crée, entreprend et progresse ne doit pas se satisfaire de la promesse d’un continent du futur. «Elle doit s’affirmer et se faire accepter comme partie prenante des acteurs.» Aussi pense-t-il que le continent revendique à juste titre la réforme de la gouvernance mondiale à travers la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, entre autres. «A travers sa position commune exprimée dans le consensus… l’Afrique veut sa place dans un Conseil de sécurité des Nations unies réformées, dans une composition plus juste et plus équitable qui reflète les réalités du monde contemporain. On ne pas continuer à gouverner le monde de 2018 à partir des règles de 1945», a plaidé Macky Sall.
ksonko@lequotidien.sn

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