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Combien de fois, depuis le 26 mars 2012, aura-t-on abreuvé Macky Sall d’injures graves, ou annoncé, pour s’en réjouir, qu’il n’est qu’un Président de transition ou par accident ? En effet, personne, y compris même «certains de ses amis» qui n’en faisaient qu’un «éventuel arbitre du second tour de l’élection présidentielle de 2012», ne le destinait de sitôt à la Magistrature suprême du Sénégal. Erreur ! Servi par une phénoménale obstination fondée sur la croyance en Dieu, un sens tactique bien aiguisé et, aussi, beaucoup de cette grâce et de ce talent qui l’ont toujours accompagné, Macky Sall est, selon toute vraisemblance, l’un des hommes politiques et d’Etat les plus valeureux et les plus compétents de sa génération.
Sinon, comment comprendre son élection à la tête de ce pays qui, loin d’être le fait du hasard, est bien plus le fruit de la volonté et de l’intelligence confondues ? Volonté et intelligence nécessaires pour conduire une vie en un monde incertain, organiser une existence, alors que tant de menaces, tant d’angoisses cherchent à écraser le sujet de la terreur, de la mort et du temps, jusqu’aux troubles issus des passions. Aussi, sans action possible de soi sur soi, comment dépasser le stade de l’animalité et de la servitude ? Comment se réaliser en tant qu’homme ? Cette simple leçon de morale – la maîtrise de soi – que ne cesse de livrer Macky à ses compatriotes est, malheureusement, loin d’être méditée et intériorisée par tous les exaltés et activistes de tout bord, surpris et dépités par sa conception de la politique et sa compréhension de la fonction présidentielle. Loin de les agacer, Macky les inquiète pour avoir compris qu’un Président, s’il est «un bon père de famille», n’a pas à suivre l’opinion, à lui complaire. S’il se veut au service des citoyens, ce ne saurait être pour flatter leurs tendances naturelles, pour céder aux engouements, à la mode du jour. S’il se veut régulateur objectif d’intérêts concurrents, il doit se cramponner aux faits, si déconcertants soient-ils, et ne pas s’assujettir aux mesures d’audience et à la quête publicitaire. Sa vocation ? La mise en œuvre lucide et intelligente du projet de nouvelle rationalisation du Sénégal pour lequel il a été choisi. Quitte à heurter des lobbies, à mettre en cause des intérêts et des privilèges indûment établis.
C’est dans ce cadre que s’analyse la tapageuse campagne médiatique et politique de discrédit et de désinformation, dont la meute et la horde d’opposants aussi bigarrés ne cessent de se signaler avec une débilité sidérante, une impudence et une indécence sans pareille.
Toujours premier à se jeter avec promptitude et frénésie dans la gadoue, notre Pierrot lunaire national, diplômé du prestigieux Institut d’études de prestidigitation, pardon politiques, (Iep) de Paris, s’évertue avec toute l’énergie satanique du réprouvé à accréditer «l’incapacité et la faiblesse» de Macky à gérer le Sénégal. Politologue autrefois, auditeur aujourd’hui, notre sujet se révèle un insensé perpétuellement tourmenté qui marche au hasard, de n’importe où à n’importe où et de n’importe quoi à n’importe quoi. En effet, lorsque l’individu est aveuglément soumis au désir de satisfaire son désir à tout prix – surtout s’il se croit né pour être Président – il ne saisit dans la réalité que des figures arbitraires, que des occasions de fantasmer vaguement, en recourant à cette fameuse langue de bois, seule force par laquelle il pense surclasser tout le monde. Ce qui permet aisément à notre narcisse de se poser aujourd’hui en Saladin du Sénégal pour changer l’hymne national et peut-être notre devise, après sa vaine tentative d’instrumentalisation des versets coraniques qui se sont retournés comme un boomerang contre lui et sa pathétique révélation publique, à larmes chaudes, de son misérable tas de petits secrets et d’anecdotes volontairement exagérés, au nom de l’intérêt général ou d’un destin présidentiel. Tartuffe n’aurait certes pas mieux fait pour plonger la politique dans le bain de l’émotion. Or ne sont pas caractéristiques d’homme d’Etat l’imagination errante et l’émotivité qui, selon certains psychanalystes, révèlent plutôt l’immaturité et la faiblesse du sujet qui n’a pas résolu certains conflits affectifs de l’enfance. D’ailleurs Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, ironise sur ces «superflus» qui «acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres», qui «veulent la puissance» pour en devenir «plus impuissants». Le pouvoir en effet est un acte créateur, mais s’il est pétri d’arrogance et de ressentiment, il apparaît un «pouvoir-faiblesse», et c’est le pouvoir du «dernier homme», du «plus méprisable de tous les hommes».
Macky Sall, simple ingénieur certes, mais bien structuré, choisit au contraire d’être révolutionnaire, non au sens de bouleverser tout radicalement, mais d’adaptation critique à la réalité pour la mieux maîtriser et transformer par des ruptures intelligentes et des défis mesurés. Seule attitude raisonnable, du reste, pour redonner confiance à des citoyens englués depuis plus d’une décennie dans une crise protéiforme, au sens que Antonio Gramsci donnait à ce terme : «Quand le vieux meurt, et le neuf hésite à naître.» Ou comme dirait Tocqueville, quand «le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres».
Et pour éviter que notre exaltation républicaine de jadis ne laisse définitivement place au rejet, il fallait le courage de placer «la patrie bien au-dessus des contingences partisanes égoïstes» ; d’où la mise en place successive de gouvernements composés d’hommes et de femmes issus des diverses confessions politiques, sociales et religieuses du pays. L’article 56 de la Constitution qui définit le gouvernement comme «une institution collégiale et solidaire» prend ici tout son sens, car un gouvernement est une unité politique et sociale complexe, formée d’individus et de groupes dont les intérêts particuliers ne coïncident pas nécessairement, mais qui s’assignent comme claire finalité la défense de la République. La présidence de l’Assemblée nationale et celle du Haut conseil des collectivités territoriales, assurées respectivement par MM. Moustapha Niasse de l’Afp et Ousmane Tanor Dieng du Ps, révèlent également, non une quelconque générosité, mais bien l’esprit d’ouverture et le génie politique de Macky Sall. Qui sait que le besoin de socialité qu’exige la texture une et indissociable du corps social, faite de fils culturels nécessairement pluriels, est davantage celui d’apprendre à vivre ensemble pour que toutes les races, tous les groupes ethniques, religieux et sociaux, formant une Nation dans un pays indivis puissent s’épanouir et jouir d’une citoyenneté égale et entière. La diversité, au lieu d’être obstacle ou faiblesse, constitue au contraire une force en dépit des cris d’orfraie çà et là élevés jusque dans les rangs de Benno bokk yaakaar, et qui ne devraient, outre mesure, étonner. La société, réalité humaine animée par des êtres vivants, n’échappe pas à cette règle fondamentale que le conflit est inhérent à sa nature et à son fonctionnement. Même le Prophète (Psl) avait, selon le Coran, «ses hypocrites» que d’autres, pour un souci d’euphémisation ou par peur de se révéler à eux-mêmes certaines ruses ou malveillances, préfèrent qualifier «d’indépendants d’esprit». Comme le grandiloquent «protecteur» des droits avec ses diatribes sur tout et rien à la fois, ou «l’excellent statisticien» qui, il y a peu, «voulait alterner Macky au profit de…» et qui prophétise déjà la «bombe sociale» juvénile. Sans oublier ces juges, «Robin des bois», incapables de déterminer l’équilibre entre l’indépendance des magistrats vis-à-vis du jeu politique et le lien essentiel qui rattache la justice à l’Etat, ici et ailleurs. Ils sont légion, ces loups qui, au moment convenu, sortiront du bois pour hurler leur insatisfaction ou leur désappointement.
Bref, la République ou «chose commune» doit, selon Macky, être inclusive et lutter contre les inégalités et les injustices, notamment la délinquance économique. C’est en fait une nécessité morale, économique et politique que de poursuivre ceux qui, par leur position de pouvoir, sont présumés s’être enrichis indûment sur le dos des citoyens. Depuis 2000, notre pays était devenu une économie de casino où s’est déversé un flot d’argent facile, amplifiée avec l’encouragement donné à des responsables véreux d’édifier des richesses sans s’embarrasser de scrupules ni de règlements et de contrôles légaux. Richesses placées dans des paradis fiscaux, qui ne sont rien d’autre que des paradis de la criminalité, version moderne des îles et ports ou les pirates de l’ancien temps accumulaient les produits de leur pillage. Et qui leur permettront le moment venu de conquérir le cœur et le suffrage des pauvres «goorgolus» en se servant de la presse comme un voleur d’une échelle. Un journaliste ne vient-il pas de produire un «brûlot» exaltant un célèbre «présumé falsificateur de billets de banque». Le monde ne s’effondre pas, il s’inverse. Ce phénomène explique peut-être que lors de l’émission «Débat» de France 24, portant sur «Info intox», du jeudi 22 mars 2018, notre pays, le Sénégal, a été dépeint par un des journalistes comme un empire de «fausses nouvelles et de désinformation» en Afrique. Que l’Etat renonce à son devoir de protéger la société contre de tels délits et crimes y portant atteinte, il faillit à sa mission d’arbitre transcendant. Pour devenir alors le sarcophage plombé de l’espérance des citoyens, parce que le gros chat des «Droits de l’homme» du politicien ou du puissant aura implacablement dévoré la chétive souris des «droits de la Nation».
La République vertueuse, sobre et efficace, c’est-à-dire une République adossée aux vertus démocratiques et à nos valeurs traditionnelles positives, est dans ce combat. Ne soyons donc pas étonnés de la création de toute sorte de solidarité ridicule de tous les prévaricateurs et intrigants, anciens et nouveaux, qui auront oublié que la règle de morale, de loin la plus utile à connaître, est de ne jamais se mettre dans une situation telle qu’on soit exposé à faillir ! Au risque d’apparaître comme des loufoques cherchant à légitimer leur propre médiocrité et leurs propres erreurs sur celles des autres.
Macky le sait, lui qui n’est pas né pour être Président, et qui n’est non plus fils légitime ou putatif de Président, ce qui en fait un enfant authentique du Peuple, qui s’est construit et fait lui-même. Donc, il saisit d’instinct que sans émancipation par rapport à la notion de profit qui gangrène notre pays, sans émancipation par rapport aux maladies, aux ignorances et aux hypocrisies, l’homme risque d’être absent de la scène humaine. Voilà qui justifie la «décongélation» de la consommation par l’allégement fiscal sur les salaires de l’ordre de 30 milliards de nos francs et par la diminution des prix des denrées de première nécessité et leur homologation, la mise en œuvre progressive de la Couverture maladie universelle et du programme des bourses familiales destinées aux familles extrêmement défavorisées, la gratuité de la césarienne, la revalorisation des pensions des retraités de l’Ipres, la réforme de l’enseignement supérieur, la redynamisation du secteur rural, l’amélioration incontestable et incontestée dans la distribution de l’énergie électrique, ainsi que le désenclavement progressif de nos régions périphériques grâce à des instruments comme le Pudc.
Tel est l’idéal de Macky, celui de la promotion de l’homme et de son épanouissement. Il s’agit en fait, de mettre fin à une économie de l’éphémère qui fragilise davantage les plus faibles, pour une économie positive qui prend en considération le rapport coût/efficacité et la prise de décisions rationnelles qui ne reposent plus sur l’improvisation et la subjectivité, mais sur des techniques réduisant la part de hasard et d’incertitude ; d’où un taux de croissance de 7% qui implique d’ailleurs l’ampleur des revendications sociales, car pour tous les économistes, je ne parle pas des répétiteurs, l’ampleur et l’intensité des revendications sociales sont des signes de bonne santé économique d’un pays. Qui osait par exemple demander au Président Diouf des augmentations salariales ou indemnitaires ?
Dans tous les cas, nous sommes face à une révolution, et une révolution ne se fait ni en un jour ni même en dix ans. C’est un événement de longue durée, comme le suggère ce qu’il est convenu d’appeler le Plan Sénégal émergent ou «Pse», qui consacre une rupture fondamentale à cinquante ans de politiques dictées par la conjoncture ou imposée de l’extérieur. Donc au lieu de raconter des fadaises sur ceci ou cela, on ferait mieux de s’interroger sur l’enjeu du «Pse» qui est une transformation structurelle de l’économie, une amélioration significative des conditions de vie de la population et le renforcement de la sécurité, de la stabilité, de l’Etat de droit pour un plein épanouissement des citoyens. En conséquence, des domaines jusque-là réservés aux urbains, comme l’accès à un réseau routier moderne, l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé et à l’éducation, y compris supérieure, vont désormais s’ouvrir progressivement aux populations locales ; ce qui contribue à rapprocher les modes de vie, à gommer les inégalités, car le rôle de l’Etat n’est pas seulement de nous soumettre à des relations de droit, mais de produire l’unité des mœurs, de formation, l’universalité des modes de pensée et de conduite. Dit crûment, il s’agit d’éviter que la majorité du Peuple ne soit qu’un simple figurant, traité comme la populace.
Le voilà, le but recherché : une implication de chaque citoyen dans ce qu’on peut appeler une démocratie de proximité, de face à face, permettant de concilier la nécessité d’obtenir une participation active des citoyens aux affaires publiques, et l’inclination de ses derniers à se replier sur leur seule existence individuelle.
Une vision aussi globalisante et réfléchie de l’avenir constitue, sans nul doute, un fardeau pour des hommes qui font plus de mal à leur pays par leur ambition que nombre d’incapables. Seul peut porter un tel projet un sujet capable de s’extraire des clans, parce que pétri de vertu politique au sens d’amour de la patrie et de l’égalité. En somme, un sujet actif et autonome qui a encore le courage d’être homme simplement, mais intégralement. Comme nous le donne à voir chaque jour le Président Macky Sall, candidat de la Plateforme Horizon 2020, présidée par l’Honorable Moustapha Cissé Lô.
Jean-Louis CAMARA
Membre du Comité de Coordination de la Plateforme Horizon 2020.

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