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Frustré par la mévente de la production de son entreprise, le syndicaliste, qui s’est présenté comme le porte-parole des 11 structures syndicales représentées dans sa société, ne cache pas leur intention d’obliger les pouvoirs publics à mettre fin à la contrebande organisée qui les empêche d’écouler leur marchandise, et menace à terme la Css et toute sa région économique.

Certains de vos collègues ont déclaré dans les médias que votre entreprise con­naissait une situation difficile. A quel point cela est-il sérieux ?
La Compagnie sucrière sénégalaise se trouve dans une situation difficile. Nous sommes dans la période où l’on termine les entretiens pour démarrer la campagne. Mais depuis un certain temps, certains commerçants que nous connaissons bien, on ne sait par quelle gymnastique, sont parvenus à dupliquer des Dipa. Il était prévu qu’à la fin de la production de la compagnie sucrière, les commerçants importent 20 mille tonnes, et la Css la même quantité. Parce qu’à une certaine période, quand la Css a vendu toute sa production, il y a un gap qui, au démarrage de la campagne, avait été estimé à 40 mille tonnes. Mais les commerçants ont trouvé la possibilité de dupliquer ces Dipa et faire rentrer un minimum de 40 mille tonnes, le double de ce qui leur avait été autorisé. Donc, la Css, n’étant même pas en mesure de vendre même les 20 mille tonnes qui lui avaient été assignées, se trouve aujourd’hui en manque de trésorerie. Alors que c’est la période où l’on doit payer les commandes, les fournisseurs, les heures supplémentaires, etc. Et nous syndicalistes sommes témoins que, malgré le Covid-19, la Css a conservé l’ensemble de ses effectifs. Aucun travailleur n’a été remercié ou mis en chômage technique. Les salaires sont régulièrement payés, et même certains avancements ont été opérés. Alors que nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir démarrer la campagne dans une dizaine de jours.

Les salaires payés en intégralité, ce doit être un montant considérable…
C’est pratiquement 1,5 milliard de Cfa tous les mois.

A qui adressez-vous votre cri du cœur aujourd’hui ?
A l’Etat, à l’opinion publique sénégalaise, ainsi qu’aux autres entreprises, parce que nous ne sommes pas les seuls à souffrir de cette situation. Les huileries, les autres secteurs de l’agro-alimentaire sont dans la même situation. Nous avons parlé avec nos centrales, la Cnts, l’Unsas, la Cdts, la Cnts/Fc, la Csa, etc. Nous envisageons de descendre sur Dakar et d’organiser une manifestation monstre. Nous sommes des responsables syndicaux et savons analyser les situations, et nous voyons venir le moment où il y aura des arrêts de travail, des compressions, ou de fins de mois sans salaire. Et nous ne pouvons pas rester inactifs. Donc, nous commençons d’abord, pour le moment, par alerter. La Css n’est même pas parvenue à vendre 1 000 tonnes sur son stock de 20 mille tonnes, alors que les autres continuent de vendre leurs produits de contrebande. Même si on démarrait la campagne dans une semaine, nous allons trouver des quantités de sucre en fraude et on ne pourra pas vendre. Et en campagne, la Css produit entre 1 000 et 1 500 tonnes par jour.
A combien estimez-vous le personnel de la Css ?
Nous sommes 8 000 travailleurs environ, saisonniers non compris.
Et combien de temps vous donnez-vous avant d’entamer une action quelconque ?
Si l’on démarre la campagne et que les choses ne changent pas dans la quinzaine, attendez-vous à voir beaucoup de Walo-Walo dans les rues de Dakar. Nous nous arrangerons pour déplacer tout le Walo à Dakar, y compris nos familles et nos jeunes enfants. Et nous aurons la solidarité de toutes les centrales syndicales qui vont nous soutenir.

1 COMMENTAIRE

  1. La situation que vit la CSS actuellement et ses travailleurs mérite une attention particulière.cette boîte est le deuxième employeur du Sénégal après l’ETAT.Ses employés viennent de toutes les localités du pays d’elle dépendent plusieurs familles et même de la stabilité du pays.Actuellement des milliers de jeunes prennent des pirogues pour quitter le pays faute d’emploi et que l’on laisse le privé sombré pour satisfaire de simples commerçants qui n’emploient même pas 10 personnes

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