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Des chefs d’Etat de pays membres de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) dont le Sénégalais Macky Sall, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akuffo-Addo et le Nigérien Mahamadou Issoufou seront jeudi prochain à Bamako, la capitale malienne, pour tenter une médiation entre le Président Ibrahim Boubacar Keïta et la coalition d’opposants le Mouvement du 5 Juin (M5), conduite par l’imam Mahmoud Dicko qui réclame son départ. Cette initiative est la conséquence de «l’échec» de la mission de médiation de la Cedeao conduite par l’ancien Président nigérian Goodluck Jonathan à trouver un compromis entre le pouvoir dirigé par le Président Ibrahim Boubacar Keïta et le camp de l’imam Mahmoud Dicko.
L’ancien Président du Nigeria Jonathan et son équipe sont allés jusqu’à, en plus du maintien au pouvoir du Président malien, proposer la formation d’un gouvernement d’union nationale dont 50% des membres devraient être issus des rangs du pouvoir. Ce qui n’a emporté l’adhésion des responsables du M5 qui réclament la démission du Président IBK.
La visite-médiation des Pré­sidents sénégalais, ivoirien, ghanéen et nigérien n’est pas encore effective, qu’elle ne manque déjà pas de susciter des interrogations. Quel levier les Présidents Sall, Ouattara, Addo et Issoufou vont-ils actionner pour faire entendre «raison» à l’imam Mahmoud Dicko et compagnie ? Quels arguments pourront-ils faire peser dans la balance pour pousser ces opposants au régime en place à Bamako à lâcher du lest ?
En tout cas, de l’issue de leur mission de bons offices dépend l’avenir de la contestation à Bamako. Sur le terrain malien, il est difficile d’obtenir des concessions auprès de contestataires déterminés et intransigeants dans leur lutte. Il faudra aux Présidents sénégalais, ivoirien et nigérien un trésor d’imagination et de subtilités diplomatiques pour ne pas être vus par les leaders de la contestation comme un petit «syndicat» des chefs d’Etat de la sous-région qui viennent à la rescousse d’un des leurs. Les manifestants de Bamako continuent de voir, en effet, le Président IBK comme «le symbole de l’échec de l’Etat malien».
Le souci de la médiation initiée par la Cedeao est de ne pas voir naître un précédent dans la sous-région – le départ du pouvoir avant le terme de son mandat d’un chef d’Etat élu au suffrage universel – du fait d’un manque d’efforts conséquents des pays amis du Mali pour aider celui-ci à faire renouer le dialogue entre ses fils et mettre fin aux risques d’instabilité auquel s’expose en permanence le reste du pays.

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