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Les violences meurtrières au Mali peuvent être qualifiées de crime contre l’humanité. C’est ce qu’a fait savoir Alioune Tine, expert indépendant des Nations unies pour les droits de l’Homme dans ce pays. Pour traiter ce problème, il plaide pour une approche globale et coordonnée avec les différents acteurs.

Trouver une «approche globale et coordonnée» pour traiter le problème des violences meurtrières au Mali : C’est en substance l’appel lancé par Alioune Tine, expert indépendant des Nations unies pour les droits de l’Homme, suite à l’attaque du week-end dernier dans le village dogon de Sobanou-Kou, région de Mopti, au centre du Mali. Lors de cette attaque, il y a eu de nombreuses personnes tuées, blessées et des dizaines de personnes enlevées, «avec un nombre élevé de femmes et d’enfants parmi les victimes». Selon Alioune Tine, cette approche globale est «nécessaire pour prévenir de nouvelles violences et traiter le problème de manière durable». Il appelle ainsi «le gouvernement malien, la société civile, les dirigeants traditionnels et religieux, ainsi que la communauté internationale et les instances régionales à s’acquitter de leurs responsabilités respectives».
Par ailleurs, Alioune Tine a souligné dans son document que la multiplication des attaques meurtrières contre des civils dans certaines régions du Mali pourrait être qualifiée de crime contre l’humanité. Analysant la situation qui prévaut dans ce pays, M. Tine soutient que «l’attaque du 9 juin contre Sobanou-Kou, qui s’est poursuivie jusqu’au lendemain, s’inscrit dans l’intensification du cycle de violence meurtrière dans le centre du Mali». Il rappelle que «ces attaques sont régulièrement menées contre des populations civiles». Appelant les autorités à prendre des mesures pour mettre fin à cette violence, le défenseur des droits de l’Homme souligne que «l‘impunité pour ces crimes donne aux auteurs un sentiment d’immunité». Il exhorte «les autorités maliennes à prendre davantage de mesures préventives pour protéger les civils». Dans son document, M. Tine parle notamment «de la mise en place d’une force de sécurité renforcée dans le centre du pays, le désarmement et la dissolution immédiate de toutes les milices armées». Et aussi de «la tenue d’enquêtes judiciaires efficaces afin de traduire les auteurs en justice». M. Tine a également insisté sur «la nécessité absolue pour le gouvernement malien, avec le soutien de tous les partenaires concernés, de renforcer davantage la sécurité des personnes et des biens dans ces zones exposées à cette spirale de violence».
dkane@lequotidien.sn

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