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Le gouvernement malien se réfugie derrière l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis 2015 pour réprimer les opposants au projet de révision de la Constitution qui vise à doter le Président de nouvelles prérogatives et la création d’un Sénat.

Garantir la sécurité des Maliens : C’est ce que demande Amnesty international aux autorités de ce pays que l’organisation de défense des droits de l’Homme accuse de «multiplier les intimidations à l’encontre des opposants à son projet de révision constitutionnelle». En effet, dans quelques semaines, les Maliens seront appelés à se prononcer sur une révision de la Constitution. Qui prévoit la création d’un Sénat et donne de nouveaux pouvoirs au président de la République. Et note qu’il y a des gens sceptiques par rapport à ce projet. Décidant d’exprimer leur réticence, les populations ont subi des violences, renseigne Amnesty international. Qui informe qu’«au moins, huit personnes ont été blessées par les forces de sécurité les 8 et 10 juin derniers au cours de manifestations pacifiques réprimées contre le projet de réforme».
Fort de ce constat, Amnesty rappelle dans un communiqué que «les forces de sécurité du Mali doivent s’abstenir de recourir à une force inutile ou excessive contre les manifestants pacifiques». Alors qu’un nouvel appel à manifester a été lancé pour ce samedi 17 juin, Amnesty international «demande aux autorités maliennes de garantir le droit à la liberté de manifestation pacifique». Pour le chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international, Gaetan Mootoo, «ces manifestations ne constituent aucune menace, et rien ne saurait justifier l’utilisation excessive de la force à l’encontre de ceux qui y participent». Par conséquent, «le fait de les interdire systématiquement constitue une restriction injustifiée au droit à la liberté de réunion pacifique».
D’après le communiqué, les autorités maliennes justifient leurs actions par l’état d’urgence qui est en vigueur depuis novembre 2015. Toutefois Amnesty international «considère trop exagérée une restriction totale et systématique des manifestations dans le contexte de l’état d’urgence».
 mgaye@lequotidien.sn

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