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Le geste politique du président du Grand parti, Malick Gackou, qui avait consisté à refuser catégoriquement la tentative de son ex-mentor politique de subordonner l’Alliance des Forces du Progrès aux intérêts du «macky» avait été salué par beaucoup d’observateurs de la scène politique.  La réussite de cette tentative  aurait remis en cause son ambition personnelle et passé par pertes et profits le rêve engendré par le fameux appel du 16 juin 1999. En effet, cette réaction inédite et inattendue avait suscité un élan de soutien enthousiaste et enthousiasmant  des jeunes qui voyaient en lui un moyen et un espoir pour bouter hors du landerneau politique les reliques senghoriennes. La gent féminine n’a pas été en reste. Naturellement émotionnelle, elle voyait en Malick un orphelin de mère dès sa naissance et un orphelin de père à l’âge de quinze ans, comme l’a chanté Viviane Ndour, qui mérite soutien et affection.
Ce cabrage de Gackou avait fait sortir de ses gonds le président de l’Assemblée nationale, qui est même allé jusqu’à franchir le Rubicon, en utilisant un langage ordurier digne d’un Youssou Touré. L’aboutis­sement de cette position a été la création d’un parti politique dénommé Grand parti. Ainsi, il sillonna certains régions et départements du Sénégal pour achever le parricide politique. Les journaux dans leur recherche effrénée du sensationnel, le suivirent comme de l’huile au feu. Les Unes, les interviews et les invitations sur les plateaux de télévision se succèdent et se ressemblent.
Comme un Abou Thioubalo, l’incident de l’hôtel Terrou-bi constitue le chant du cygne de ce politicien au nanisme politique légendaire. En fait, en politique, comme aime le rappeler le politologue Babacar Justin Ndiaye, les mérites ne sont pas toujours récompensés mais les erreurs se payent cash. Et des erreurs, Malick Gackou en multiplie dans sa carrière. Comment la population de Guédiawaye peut-elle pardonner l’usurpation de sa municipalité par «un étranger» alors qu’elle a un fils politicien aux moyens financiers conséquents et un carnet d’adresses fourni ? Comment les jeunesses sénégalaises en général et celles du Grand parti en particulier peuvent-elles comprendre le refus de Malick Gackou d’obéir aux oukases  d’un septuagénaire et son attitude docile devant le diktat d’un Père Goriot nonagénaire au bord de la Kaaba, nonobstant la sainteté des lieux ? Et pourtant depuis la défenestration de Moustapha Niasse comme Premier ministre du premier gouvernement de la première alternance, il s’est toujours opposé à Wade sur tout. Donc, sur quelle base politique objective, logique et salutaire devraient-ils négocier à la Mecque ?
Elimane BARRY
professeur d’Anglais
eltonbarry87@gmail.com

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