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Le recrutement des volontaires et des vacataires dans le système éducatif n’est pas la seule cause de la détérioration de la qualité des enseignements tant décriée. Selon Mamadou Ndoye qui était l’invité du «Grand jury» ce dimanche, il y a d’autres causes comme la langue, les conditions socioéconomiques, pédagogiques auxquelles on ne s’attaque pas.

La qualité de l’éducation au Sénégal ne s’améliore pas parce qu’on ne «s’attaque pas aux causes». C’est ce qu’a fait savoir hier Mamadou Ndoye, ancien ministre de l’Alphabétisation qui était l’invité du «Grand jury» sur la Rfm. D’après M. Ndoye, il y a plusieurs facteurs comme la question de la langue d’apprentissage, les conditions socio-économiques, celles pédagogiques et les qualités personnelles. Seulement d’après l’ancien ministre sous le régime du Président Diouf, on ne s’attaque pas aux causes liées par exemple à la langue. «Dans tous les pays africains, les expériences ont montré très clairement qu’on a de meilleurs résultats scolaires lorsqu’on commence avec la langue que l’on parle. On ne le fait pas. C’est un premier handicap», a-t-il fait savoir. Pour­suivant son propos, M. Ndoye souligne que le deuxième handicap peut se voir dans la comparaison entre les résultats des écoles privées et celles publiques. Et M. Ndoye d’expliquer : «Vous prenez une école privée, vous prenez une école publique, et vous verrez que l’école privée fait mieux que l’école publique. Regardez le niveau de formation des enseignants dans les deux écoles, vous verrez que le niveau de formation dans le public est plus élevé que dans le privé. Pourquoi dans le privé on fait de meilleurs résultats ? C’est le climat de l’établissement.» Analy­sant cette situation, Mamadou Ndoye trouve que «du point de vue du gouvernement qui a la responsabilité de l’éducation des enfants du pays, ce clivage est inacceptable». Pour lui, il «conduit à des inégalités sociales». «C’est un renforcement des inégalités sociales existantes, ceux qui ont les moyens de payer une école de qualité vont se la payer. Ceux qui n’ont pas les moyens, ce sont les pauvres, leurs enfants auront une mauvaise éducation», a-t-il déploré. Se prononçant sur la voie à suivre pour rectifier ces déséquilibres, M. Ndoye estime que l’application des propositions issues des Assises de l’éducation et de la formation permettrait d’aller de l’avant. A ce sujet, il soutient que «le problème de fond que nous avons au Sénégal, c’est que nous concevons bien des réformes, mais nous ne les appliquons pas bien». Ce qui lui fait dire que «la question de l’application reste la problématique principale».

Interdiction du voile : «Une maladresse»
Interpellé sur la polémique sur l’interdiction du voile à l’Institution Jeanne d’Arc, l’ancien ministre de l’Alpha­bé­tisation soutient que «c’est une maladresse». Répondant sur la question du voile imposé aux filles dans les écoles franco-arabes, il estime qu’on ne doit «pas imposer non plus». «Comme on ne doit pas interdire, on ne doit pas imposer. Les deux doivent être traités de la même manière», a-t-il déclaré.
dkane@lequotidien.sn

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