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En point de presse hier au centre culturel Douta Seck pour célébrer la première édition du Festival pour l’enfance qui a pour thème «Ensemble, protégeons les enfants», «Jokko aar xaléyi», Mame Couna Thioye, coordonnatrice des Programmes enfants à la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), en compagnie d’acteurs culturels, veut que le projet de loi portant sur le retrait des enfants de la rue soit mis en place. Ils exigent à l’Etat du Sénégal de respecter ses engagements et surtout la dignité humaine des enfants.

Les enfants ne sentent pas que leurs droits sont respectés. Tel est le point de vue des défenseurs des droits humains. Touchés par les cas de meurtre d’enfants, d’agressions, d’exploitations causées par les maîtres coraniques, la Raddho et ses co-organisateurs veulent que ce problème sur la maltraitance des enfants soit résolu. Face à la presse ce mercredi et en prélude à la première édition du Festival des enfants prévu du 20 au 22 juin, la coordonnatrice des Programmes enfants à la Raddho plaide pour que les enfants de la rue soient retirés et protégés par l’Etat du Sénégal. «L’Etat doit respecter la dignité humaine des enfants, car ils affrontent toutes les difficultés du monde pour satisfaire le besoin d’un exploiteur», défend Mame Couna Thioye. Selon elle, il se pose un problème de volonté politique, car depuis 2015, l’Etat avait immédiatement promis de retirer les enfants des rues. «La Raddho et toutes les autres organisations des droits de l’Homme exigent le retrait immédiat des enfants dans les rues et qui vivent aujourd’hui des exploitations économiques de leurs maîtres.» Ainsi, poursuit-elle, «nous avons travaillé avec l’Etat du Sénégal sur le statut du daara et les conditions et critères pour l’ouvrir, mais également sur la pédagogie et le fonctionnement suite au drame qui était survenu à la Médina où 9 enfants avaient péri. Mais depuis, aucun engagement n’est appliqué et l’Assemblée nationale n’arrive pas à mettre en œuvre ce statut adopté dans un Conseil de ministres». Les organisations des droits de l’Homme ainsi que des acteurs culturels, notamment les rappeurs et les musiciens, plaident pour que ce problème de la mendicité des enfants soit réglé. Pour ces derniers, il faut une stratégie cohérente et inclusive pour que les adultes et les parents prennent leurs responsabilités concernant cette question. «La mendicité des enfants rapporte plus de 5 milliards de francs Cfa», informe Raoul Latouffe, président de la Coalition nationale des associations et Ong à la faveur de l’enfant (Conafe). Selon lui, «il n’y a aucune valeur religieuse dans la mendicité des enfants, mais une exploitation économique. Les vrais maîtres coraniques ne sont pas ceux qui exposent les enfants dans les rues, mais ceux qui les protègent afin de les donner la bonne éducation.» Ainsi, d’après le secrétaire général de la Raddho, le statut des daaras doit être amélioré. «La Raddho travaille depuis longtemps sur cette question et c’est l’Etat qui doit améliorer le statut de ces daaras», estime Sadikh Niass, secrétaire général de la Raddho.
Stagiaire

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