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Souleymane Ndéné Ndiaye voulait que les manifestants de Noo lank soient matés. Ils l’ont été hier puisqu’il y a eu plusieurs arrestations dont celle de Aliou Sané, Thierno Bocoum, Thiat qui avaient tenté de braver l’interdiction de leur manifestation à la Place de l’Indépendance.

Hier, le centre-ville de Dakar a connu une chaude après-midi. Bilan de la manifestation avortée de la plateforme Noo lank : plusieurs arrestations enregistrées. Parmi les personnes arrêtées, il y a le coordinateur du mouvement Y’en a marre, Aliou Sané, son camarade le rappeur Cyrill Touré dit Thiat, l’opposant Thierno Bocoum, Daouda Guèye de Frapp/France dégage, Cheikh Sadibou Diop de «Alerte». Tous ont été arrêtés par des éléments de la police en civil qui avaient investi Sandaga et ses alentours. «Vous n’êtes rien. Je ne suis pas un voleur. A bas la dictature ! Tuez-moi !» hurle Cheikh Sadibou Diop comme un forcené embarqué dans la voiture de la police. Au rond-point Sandaga, les commerçants ont baissé rideau. Habillé d’un blouson rouge, casquette en tête, sa résistance a été insignifiante face à la force des éléments qui le poussaient jusqu’au véhicule. Et après des tirs de grenades lacrymogènes, l’on courait dans tous les sens pour sauver sa peau. Piégés dans cette atmosphère irrespirable, les automobilistes ont été condamnés de poursuivre leur route. Sur place, tout le monde a eu sa dose de gaz lacrymogène.

Les journalistes, cibles des Forces de l’ordre
Pendant ce temps, l’opposant Mamadou Goumbala a réussi à échapper à la vigilance des Forces de l’ordre. Dans son grand boubou, deux sachets entre les mains, il n’a pas caché sa colère contre le régime actuel. «Un parti fasciste commence toujours comme ça. Ils ne veulent pas que les gens s’expriment. Ils ne veulent pas que les gens se rassemblent. Ils ont utilisé les Forces de l’ordre pour mater les gens de l’opposition. La jeunesse va continuer le combat. Tous les Sénégalais vont s’organiser contre la mal-gouvernance et l’augmentation des prix», a-t-il dénoncé. Il était sur l’avenue Peytavin, car l’accès à la Place de l’Indépendance était quasi impossible pour les manifestants qui se sont aventurés à braver l’interdiction préfectorale. Le secteur est quadrillé par les Forces de l’ordre. Des barrières érigées un peu partout. «Le prix de l’électricité est cher !», crie Thierno Bocoum. Il venait à peine de descendre de sa voiture à quelques mètres du rond-point Sandaga. Avant lui, un anonyme de forte corpulence qui rouspétait «Macky Sall, dictateur !» a été mis aux arrêts. «Vous n’êtes capables que de ça alors que je me bats pour vous», peste-t-il aux policiers qui le malmenaient. Mais les policiers, eux, restaient ferme dans leur mission de maintien de l’ordre. Et la présence de la presse les dérangeait. «Vous êtes sur la chaussée, circulez !», ordonne un des chefs des opérations de la police aux journalistes. La tension monte entre les deux camps. Une séquence d’échanges de propos qui n’a pas plus aux limiers. «Faites-les débarquer ! Reculez et balancez une grenade !», ordonne un chef à ses éléments. L’ordre est vite exécuté et c’est le sauve-qui-peut.
Les journalistes Migui Marième Ndiaye de Iradio et Abdou Lèye Ndiaye de Dtv ont été arrêtés et conduits au Commissariat central de Dakar avant d’être libérés après que la police a reconnu sa faute. Et au finish, la plateforme Noo lank qui avait parié de manifester à la Place de l’Indépendance contre la hausse du prix de l’électricité n’a pas réussi son pari.

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