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«Nous avons trouvé une solution que nous avons proposée à l’administration de Yavuz Selim. C’était de placer les écoles sous administration provisoire. Lorsque nous avons rencontré l’Association des parents d’élèves et les représentants des corps enseignants, nous leur avons indiqué que cette solution d’administration provisoire où le gouvernement du Sénégal, par le ministère de l’Education nationale, nommerait des directeurs et des proviseurs pour ces établissements, permettrait d’assu­rer la continuité des enseignements-apprentissages des élèves en même temps que de conserver des emplois. L’administration de Yavuz Selim n’en a pas voulu», a souligné le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, en marge de la cérémonie de lancement de la distribution des kits et bibliothèques scolaires offerts par la Fondation Kéba Mbaye. Il indique : «C’est ça qui fait qu’on est dans une situation où ces écoles connaissent des difficultés. Mais le gouvernement du Sénégal n’est aucunement responsable de cela et ces enseignants qui étaient dans le cadre d’un contrat privé doivent s’adresser à leurs employeurs», a répondu le ministre aux enseignants du groupe Yavuz Selim qui l’ont accueilli devant l’école Iba Caty Ba avec des pancartes. Une sortie qui n’est pas du goût de ces derniers. Mamadou Niang se dit étonné de la réaction du ministre de l’Education nationale parce que «dans son bureau, devant tout son staff, notamment le directeur de l’Ensei­gnement privé, son directeur de Cabinet, le directeur de l’Administration territoriale, le directeur de l’Enseignement élémentaire, Serigne Mbaye Thiam a pris engagement devant nous, en nous disant : ‘’Vous enseignants, il faut vous engager, on va vous maintenir, on va mettre cette administration provisoire pour que vous puissiez travailler’’». Les enseignants disent lui avoir répondu ceci : «M. le ministre, nous sommes des Sénégalais, nous sommes du côté de l’Etat du Sénégal et notre seul objectif, c’est que nous voulons travailler, et nous sommes pressés de retourner en classe.» Pour cette raison, lorsque Mama­dou Niang et ses collègues sont sortis de cette audience, ils ont en face de l’opinion dit «être prêts à retourner en classe et nous étions dans cette même dynamique, essayer de rassurer les parents». Aujourd’hui, ils disent avoir entendu «avec étonnement » le ministre tenir de «tels propos», d’autant que «nous étions toujours en attente de cette administration provisoire. Nous n’avons pas de fixation sur celui qui sera là. Il n’y a que le travail qui nous intéresse. Nous sommes prêts à travailler avec n’importe quelle administration».
Le porte-parole des enseignants de Yavuz Selim rappelle que lorsqu’ils ont rencontré le directeur de Cabinet du ministre, ce dernier avait réitéré les mêmes propos, les mêmes engagements pris par son ministre, et il était dans la même posture et la même disponibilité que Serigne Mbaye Thiam. «Aujour­d’hui, c’est avec surprise que nous avons entendu un revirement de discours. On a même l’impression que l’Etat sénégalais cherche à nous laisser à nous-mêmes», estiment les enseignants qui, à partir de ce moment, «interpellent directement le ministre, parce qu’il nous a reçus dans son bureau, très calmement, en nous disant : ‘’Aujourd’hui, je suis même le ministre de Yavuz Selim’’.» Mamadou Niang interpelle la «conscience» du ministre de l’Education nationale et «le président de la République qui, de tout temps, cherche à préserver les emplois». Et de se demander : «Maintenant que la situation étant telle, qu’est-ce qu’ils attendent de nous ? Qu’est-ce qu’ils comptent faire de nous ? Est-ce que leur conscience devra leur permettre de nous exposer pour qu’on soit les agneaux du sacrifice de la situation dans laquelle nous n’avons rien à voir, parce qu’étant rien d’autre que des travailleurs ?»
Par ailleurs, les enseignants de Yavuz Selim se disent d’autant étonnés que le ministre Serigne Mbaye Thiam les ait renvoyés à leur employeur. Seulement, ils informent «ne plus voir notre ancien employeur. On n’a pas reçu de notification ou un quelconque document attestant de quoi que ce soit nous concernant». Et de poursuivre : «Depuis l’ouverture des classes jusqu’à présent, tous les jours nous sommes à l’école, simplement parce que nous voulons travailler. Nous allons continuer à nous battre, tant que les voies de recours nous permettent de suivre notre logique. Nous n’allons pas accepter d’être les agneaux du sacrifice. Encore une fois, nous interpellons la conscience du ministre Serigne Mbaye Thiam par rapport à sa promesse, ses engagements, afin que nous puissions trouver une issue heureuse, à savoir travailler dignement.»
nfniang@lequotidien.sn

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