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Plateforme ou front, la Pose et le Frn se ressemblent, mais ne s’assemblent pas. Pourtant, nombre de candidats ou partis membres de l’initiative de Mame Adama Guèye sont aussi affiliés à l’autre structure. La manifestation prévue le 21 décembre sera un test d’unité entre les deux.

Une opposition, deux fronts. Il y a bien de la diplomatie dans ce qui est pourtant une véritable division entre la Plateforme opérationnelle de sécurisation des élections (Pose), lancée jeudi, et le Front démocratique et social de résistance nationale (Frn), créé le 9 avril 2018, lui-même né de l’Initiative pour des élections démocratiques (Ied). Il est vrai que l’opposition a multiplié les tentatives d’union depuis les Législatives de juillet 2017 marquées par des dysfonctionnements majeurs, mais elle peine encore à parler le même langage. Le Parti démocratique sénégalais (Pds) et ses alliés du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) étaient donc les absents les plus remarqués au baptême de l’initiative portée par Me Mame Adama Guèye. Et pourtant, l’essentiel des membres de la Pose ont adhéré au Frn. A moins de trois mois de la Présidentielle du 24 février, ce visage de l’opposition ne ferait que l’affaire de la majorité et de son candidat. Même si l’accusé Pds refuse d’admettre le «boycott». C’est que la flagrance d’un tel acte imposait bien une explication. Une justification. Mais les Libéraux ont-ils convaincu ? «Notre parti est loin de boycotter une quelconque initiative tendant à renforcer l’opposition pour faire face à Macky Sall. C’est ainsi que, sur l’initiative de Mame Adama Guèye relative à la sécurisation du processus électoral, nous sommes d’accord sur le principe. Seulement aujourd’hui, notre priorité c’est la mobilisation de toutes nos forces pour préparer l’accueil de notre candidat pour gagner la bataille de la participation», a indiqué Mayoro Faye.
C’est pourtant aussi le combat de tous ces candidats qui ont fait le déplacement. Même si – il ne faut pas être aussi naïf – certains d’entre eux pousseraient jusqu’au cynisme pour ne jamais souhaiter un retour et surtout une participation de Karim Wade et/ou de Khalifa Sall à la Présidentielle. Toujours est-il que, ne serait-ce que par le politiquement correct, les hommes de Wade pouvaient envoyer au moins un représentant. Et il n’en manque pas.
En tout cas, l’image est forte : un grand portrait de Wade-fils ostensiblement tenu par les membres de la Pose, comme celui de l’autre absent, Khalifa Sall. Il y a là un message ou une communication : «Même si vous n’êtes pas parmi nous physiquement, nous sommes de tout cœur avec vous.» L’on parlerait dans le jargon journaliste de «ratage» du Pds qui, dans ce contexte, a le plus besoin d’un soutien grand comme cette plateforme. Le Pds assure que l’opposition «ne (se) disperser(a) pas», mais précise qu’il ne s’occupera de «la bataille de la sécurisation que lorsqu’il aura terminé de relever le défi de la participation» de son candidat à la Présidentielle.
C’est donc un véritable malaise qui risque de déteindre sur la manifestation que le Frn avait annoncée pour le 20 décembre, finalement renvoyée au lendemain. Même si le Pds et ses alliés demandent à «tous les citoyens de se rendre massivement à la Cour suprême pour soutenir le député maire Khalifa Ababacar Sall, candidat à la Présidentielle de février 2019». Vendredi, ce sera donc le premier test de confiance entre la Pose et le Frn.
hamath@lequotidien.sn

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