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Il n’y avait pas eu de respect de la distanciation physique hier à la marche organisée par Noo Lank et Cie pour réclamer la fin de la spoliation foncière, entre autres. Un ultimatum a été donné à l’Etat d’ici la Tabaski.

Hier, à l’appel des organisations, Frapp-France dégage, Noo Lank, pour ne citer que celles-là, une manifestation s’est tenue dans un contexte particulier dominé par le Covid-19. Des spécialistes avaient alerté sur les risques de contamination avec la foule. Les organisateurs, qui avaient promis le respect des mesures barrières, les ont presque foulées aux pieds. En effet, c’est avec un masque en tissu ôté que Guy Marius Sagna s’est exprimé devant une forêt de micros. A bord d’un camion sonorisé, le célèbre activiste était entouré de personnes avec des masques de protection sur le menton. Devant une foule compacte réunie en face de la Rts, il a fixé un ultimatum au régime d’ici à la fête de Tabaski, prévue fin juillet, pour une solution à leurs doléances. Entre autres, les manifestants réclament la restitution des terres aux paysans, la préservation de la forêt classée de Mbao, dans la banlieue Dakaroise, la transparence dans le contrat Senelec-Akilee. Par ailleurs, Guy Marius Sagna, d’après qui «l’école sénégalaise est anti-nationale, anti-démocratique, anti-populaire», a exigé l’orientation des bacheliers de 2019, une «machine pour tous» en ce qui concerne les étudiants de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs). Pour ceux qui sont orientés dans le privé, il demande à l’Etat de leur assurer une bourse, de l’aide, des tickets de restaurant, car dit-il, les étudiants du privé méritent le même traitement que les étudiants des universités publiques.

Barth’ : «Cette
classe politique va comploter avec ce régime pour un
troisième mandat»
Tout a commencé à la place de la Nation, ex-Obélisque. Sur un perron à moitié plein, le respect de la distanciation physique était le cadet des soucis des protestataires. Pendant que les uns étaient sans masque, d’autres qui en avaient le baissaient en parlant sous l’œil des Forces de l’ordre qui ont érigé des barricades tout autour de la place. Avec une chaleur difficilement supportable, les uns et les autres étanchent leur soif auprès des vendeuses qui se faufilaient entre les rangées. Ceinturé par de gros bras, le maire de Mermoz-Sacré Cœur, masque bien ajusté, s’est expliqué sur les raisons de sa présence dans une manifestation vide de leaders politiques. «Je suis venu dire au Peuple sénégalais de se mobiliser parce que le Peuple sénégalais n’a pas le droit de laisser en plein jour son foncier être pillé, son pétrole être pillé, son gaz être pillé. Les Sénégalais n’ont pas le droit de laisser le Sénégal être transformé en monarchie pour ne pas dire en dictature, c’est être complice d’une forfaiture», a dit Barthélemy Dias. Qui avertit : «Je demande aux Sénégalais de se mobiliser parce que s’ils ne le font pas, de par leur passivité, de par leur comportement, cette classe politique va comploter avec ce régime pour s’accaparer d’un troisième mandat au vu et au su de tout le monde.» Après avoir arpenté les allées du Centenaire, la foule s’est dispersée au rond-point de la Rts.

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