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La plateforme «Doyna» a manifesté samedi à la Place de l’Obélisque. Malgré la faible mobilisation, Guy Marius Sagna et Cie ont exigé, entre autres, des solutions aux problèmes des secteurs de la Santé, de l’éducation, du foncier.

Au milieu d’une foule compacte et indignée, le vieux Al Hassane Hann se fraye un chemin, le pas lent à l’aide d’une béquille. Casquette noire sur la tête, sacoche en bandoulière, il s’est déplacé à la Place de la Nation, ex-Obélisque, à l’image de centaines d’autres à l’appel de «Doyna, ça suffit!», la plateforme «de tous les opprimés et victimes». Il fait partie des membres des 79 familles délogées de Terme Sud, à Ouakam, aujourd’hui logées au Centre socioculturel de Sacré-Cœur. «Je ne vois pas aujourd’hui l’opportunité ni la pertinence d’octroyer une assiette foncière de Terme Sud à l’Armée, dans ce sens que l’Armée, principalement la base aérienne, est appelée dans les plus brefs délais à rejoindre Diass», trouve le coordonnateur du Collectif des habitants de Terme Sud.
Saisissant cette occasion, il demande au Président Macky Sall de recevoir en audience le Collectif des déguerpis, à défaut dépêcher un mandataire. Une chaleur sans clémence tape sur les orateurs qui passent. Do­cuments en main, Guy Marius Sagna livre des informations nouvelles concernant le dossier Terme Sud. Il dit : «L’objectif de l’Etat est de bâtir dans ces trois quartiers ; Terme Sud, Terme Nord, Taïba à Grand Dakar, 3 200 appartements à commercialiser avec le programme zéro bidonville. C’est ça la vérité. La vérité, c’est de bâtir des appartements sur le sang et la sueur des familles de Terme Sud. C’est injuste, et nous ne l’accepterons pas.» D’un ton sec, il demande des explications au ministre de l’Urbanisme, du logement et de l’hygiène publique, Abdou Karim Fofana. Pendant ce temps, des jeunes mettent du gel aux mains de manifestants qui, pour la plupart, sans masque, le tout sans respect de la distanciation. Guy ne décolère pas. Lui, qui a été plusieurs fois victime des violences policières, n’a pas eu peur de dénoncer de telles pratiques malgré la présence remarquée des Forces de l’ordre. «Nous citoyens, nous ne payons pas l’impôt pour se faire bastonner, se tirer dessus, pour nous insulter, nous assassiner, ça suffit !», a vociféré l’activiste s’adressant au ministre de l’Intérieur sous les applaudissements du public. L’indépendance de la justice, la spoliation foncière, entre autres, ont été aussi au menu de la manifestation.

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