PARTAGER

Le Comité pour la défense des intérêts de Bargny se sent esseulé dans son combat contre l’érection de la centrale à charbon de Bargny. Tout en continuant la lutte dont le recours pour annulation du protocole «pour vice de forme» est l’élément nouveau, les membres ont lancé un cri de détresse à l’opinion nationale et internationale dont le mutisme inquiète au plus haut niveau et serait à la limite délictuel. «De la non-assistance à communauté en dan­ger», pensent les membres du comité.

«Pour le moment, nous sommes regroupés en coordination pour mener la bataille sur le plan administratif et juridique», avait fait savoir à la mi-mars le conseiller municipal Mandoye Beune  Ndoye, précisant que le combat contre la validation du protocole pour la centrale à charbon pouvait aller jusqu’au dépôt d’une plainte pour «faux et usage de faux» contre le maire Abou Ahmet Seck, accusé d’a­voir «signé sur le dos du Conseil municipal qui est l’organe délibérant». Dans cette lancée, Ndematy Samba a annoncé samedi l’introduction d’un recours aux fins d’annulation dudit protocole «pour vice de forme». «C’est un recours soutenu par une vingtaine de conseillers que nous avons déposé sur la table du préfet et nous nous attendons à ce que ce protocole d’accord entre la mairie, la Senelec et la compagnie d’électricité du Sénégal soit purement et simplement annulé», a fait savoir M. Samba à l’occasion du point de presse organisé par le Comité pour la défense des intérêts de Bargny. Evoquant un vice de forme motivant le recours, Daouda Guèye, membre du collectif, de préciser : «C’est un non-respect des articles 145 et 250 du Code des collectivités locales. Le protocole devait être à la disposition des conseillers. Légalement, ce protocole ne peut être normal.» La conseillère municipale Fatou Samba, présidente des femmes transformatrices de produits halieutiques, a souligné quant à elle que le quorum n’a pas été atteint. «Sur les 56 conseillers municipaux de Bargny, seuls 30 ont été dans la salle. Quatre parmi ceux-ci ont boudé la séance par déception et deux se sont abstenus. Donc, ils n’étaient que 24 lorsqu’ils signaient ce complot sur le dos des populations», a-t-elle fait savoir. Ainsi, le comité va poursuivre le combat contre ce qu’il qualifie dans la déclaration de «protocole qui scelle le sacrifice de toute une communauté sous l’autel de la satisfaction de vils intérêts d’un maire arriviste, avide et assoiffé de pouvoir et d’avoirs financiers». Déplorant le manque de soutien dans leur combat, les membres du comité regrettent le mutisme des diverses sensibilités sur leur sort que «Bargny ne mérite pas». «Vous êtes en train d’assister silencieuses à la disparition d’une communauté (…) Vous vous rendrez coupables du crime de non-assistance à personne ou communauté en danger», a adressé le comité aux autorités étatiques et religieuses ainsi qu’à l’opinion nationale et internationale. «Les populations ne ménageront aucun effort pour proclamer partout et en tout temps leur farouche opposition à la construction de cette centrale même dans sa phase d’exploitation», ont-ils promis.
abndiaye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here