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Révolté contre le nouvel arrêté sur la circulation des biens et des personnes, le Regroupement des chauffeurs de Tivaouane a affronté hier, pendant plusieurs heures, les Forces de l’ordre pour réclamer la fin de leur confinement.

Ils sont passés à l’acte. Les chauffeurs du département de Tivaouane qui avaient manifesté leur courroux vendredi dernier, suite à la publication d’un nouvel arrêté sur la circulation des biens et des personnes, se sont affrontés hier à la Brigade de la gendarmerie de Tivaouane sur l’axe Lam Lam-Tivaouane. Les manifestants, qui reprochent aux autorités étatiques de «faire la sourde oreille sur beaucoup de nos problèmes depuis la proclamation de l’Etat d’urgence, assorti d’un couvre-feu sur l’ensemble du territoire», ont extériorisé leur désespoir, réclamant «la fin du confinement des chauffeurs». Pendant des heures, les contestataires ont réussi à perturber le trafic urbain sur la route nationale 3 en brûlant des pneus. Et plusieurs heures durant, l’atmosphère était devenue chaude, étouffante et pesante, empuantie par un cocktail de fumée noirâtre. La Brigade de la gendarmerie de Tivaouane, qui s’est promptement déployée sur le terrain, a réussi à maîtriser la foule avant d’assiéger le village de Diakhaté où a démarré la manifestation. Les manifestants déplorent «l’arrêt du trafic interurbain depuis des mois au moment où tous les autres secteurs de l’économie du pays ont repris leurs activités». De ce fait, les chauffeurs ont jugé aujourd’hui plus que jamais nécessaire de passer à la vitesse supérieure dans l’espoir d’amener les autorités compétentes «à prendre les dispositions nécessaires pour lever les restrictions sur le secteur du transport». A les en croire, «ventre affamé n’a point d’oreilles». Et donc, alertent-ils, «nous n’allons pas accepter de périr avec nos familles. Et nous n’allons plus accepter qu’on nous impose de rester dans nos maisons pendant deux mois, sans avoir de quoi se mettre sous la dent», crachent-ils. Sur un ton amer, ils affirment que les assurances sont expirées, plus de visite technique, les pneus des véhicules sont frappés par l’usure, les batteries des véhicules sont hors d’usage et c’est la raison pour laquelle, même si les mesures étaient levées aujourd’hui, aucun chauffeur ne pourrait reprendre ses activités sans dépenser pas moins de 200 mille francs Cfa.
Le Regroupement des chauffeurs du département de Tivaouane, qui avait protesté vendredi dernier contre le nouvel arrêté ministériel portant interdiction de circuler entre les départements dans les régions de Thiès et Diourbel, avait demandé à l’Etat de laisser travailler ses membres parce qu’ils se disent prêts à prendre les mêmes risques que les médecins pour subvenir aux besoins de leur famille parce qu’ils avaient affirmé : «La situation que nous vivons aujourd’hui est pire que le Covid-19.»

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