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Une semaine après l’attentat barbare perpétré contre des musulmans en Nouvelle-Zélande, l’Alliance des musulmans du Sénégal a manifesté hier sa solidarité aux victimes. Au cours du rassemblement tenu à la Grande mosquée de Dakar, les fidèles ont dénoncé ce qu’ils appellent le mutisme de la Com­mu­nauté internationale.

Hier, vendredi, il y a une semaine jour pour jour, la ville de Christchurch subissait une attaque terroriste d’un suprémaciste blanc. Plus de 50 fidèles ont été massacrés dans deux mosquées de cette ville de la Nouvelle- Zélande. C’est l’indignation générale dans le monde entier. Le Sénégal, Dakar en particulier, n’a pas été en reste. A l’Institut islamique sis à la Grande mosquée, les musulmans ont répondu à l’appel de l’Alliance des musulmans du Sénégal (Ams). La mobilisation était faible. Mais, les musulmans venus à la manifestation ont exprimé leur solidarité aux victimes, à leurs familles et aux musulmans du monde entier. Un seul message : l’islam n’est pas une religion de guerre mais une religion de paix, après avoir condamné avec «la plus grande fermeté ce carnage». Dans un mémorandum, les initiateurs ont également condamné «cet acte odieux, perpétré un jour de vendredi, jour saint pour toute la Oumah islamique, est non seulement une violation des symboles de l’islam mais constitue une menace contre tous les musulmans de la Oumah. Et au-delà, contre l’humanité, la paix et la coexistence pacifique entre les peuples».
Leur colère s’oriente aussi vers les dirigeants du monde qui ne se sont pas manifestés comme cela a été le cas lors de l’attentat à la rédaction de l’hebdomadaire français Charlie hebdo. Et l’activiste sénégalais, Guy Marius Sagna, a dénoncé l’attitude de nos dirigeants qui s’étaient rendus à Paris pour soutenir la France après l’attaque de Charlie. Il dit : «C’est le deux poids, deux mesures, c’est le traitement à géométrie variable des différentes questions y compris de celle-ci. Quand ce sont les blancs, les Occidentaux qui sont victimes de terrorisme, tout le monde est à leur chevet. Quand ce sont les autres particulièrement les musulmans, victimes d’islamophobie, victimes de terrorisme, le mot n’est même pas utilisé. Et ça ne motive aucun déplacement.» Mais de l’avis de l’activiste, au-delà de la dénonciation et de la solidarité exprimée, une réflexion s’impose. Il enchaîne : «Nous accusons ceux qui, à travers le monde, diffusent les théories de choc des civilisations, les théories de guerres des civilisation et de guerres des religions. Parce que c’est cela qui alimente ce terrorisme islamophobe. Accuser et dénoncer aussi ceux qui font ce que nous appelons l’islamalgame. C’est-à-dire de l’amalgame anti islamique assimilant l’islam au terrorisme, les musulmans comme des terroristes». Après la dénonciation du «mutisme» de la Communauté internationale, l’Ams s’est aussi offusquée de la «stratégie de noyage des mass-médias occidentaux, qui refusent de qualifier cet acte ignoble par ce qu’il est, du terrorisme pur». Et elle demande aux autorités sénégalaises d’amnistier les Sénégalais, accusés de terrorisme comme cet imam, qui souffrirait d’insuffisance rénale.
msakine@lequotidien.sn

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