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Koumpentoum s’est réveillée avec l’envie de déverser sa colère dans ses rues. Les populations ont mis la ville sens dessus-dessous pour protester contre le manque d’eau devenu presque «endémique» dans la commune et réclamer le départ de la Soges, société chargée de l’exploitation des forages ruraux. «Nous sommes fatigués, Koumpentoum a soif, nous n’en pouvons plus, Niani bagne na (Ndlr : Niani dit non)», entonnent les habitants de cette commune, située dans la région de Tambacounda.
Malgré le soleil de plomb et l’opposition des Forces de l’ordre, les populations sont sorties en masse pour exprimer leur mécontentement. «Il faut que l’Etat trouve une solution à ce problème. Il arrive parfois que plusieurs quartiers soient privés du liquide précieux. Malgré les 2 forages dans la commune, il n’y a pas d’eau. Imaginez 43 degrés sans eau ! C’est suicidaire», répètent-elles.
Sur place, la tension monte. Les jeunes brûlent des pneus et plongent la ville, jadis calme, dans une situation de colère généralisée. Et rien n’a semblé altérer leur détermination. «Nous n’en pouvons plus. Que toute l’Armée sorte, cela ne nous fera pas reculer ! Que la situation soit réglée et c’est tout ! Sans quoi, nous n’arrêterons pas», affichent les Koumpen­toumois qui voient la situation s’exacerber avec cette période de chaleur où les besoins en eau se multiplient.
«C’est le réseau qui est vétuste»
Il faut savoir que cette manifestation fait suite à «une série» de plaintes adressées aux hautes autorités. Sans suite. «Dans le courant du mois de février, nous avions tenu une grande procession pour alerter. Depuis, rien n’a été fait. Aujourd’hui, nous en avons assez et ne pouvons plus continuer à vivre sans eau, surtout dans ce contexte pandémique qui exige une bonne et régulière hygiène des mains et du corps. Niani bagne na, Niani bagne na (Ndlr : Niani dit non)», enragent les habitants, traqués par les pandores qui voulaient étouffer la marche.
Indexée, la Soges impute la responsabilité à l’Etat. «C’est le réseau qui est vétuste à Koumpentoum. Ce qui ne favorise pas une bonne  distribution de l’eau. Et cet aspect, ce n’est pas de notre ressort. C’est l’Etat qui est en charge de la gestion du réseau. La Soges, elle, est chargée de l’exploitation, de la distribution et de la commercialisation. Et à ces niveaux, elle l’assure bien», se défend la société.

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