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Des femmes pro-Khalifa bloquant la route en ville.

Plus d’une dizaine de femmes pro-Khalifa Sall ont été interpellées hier pour avoir manifesté sur le Boulevard de la République. Elles réclament la libération de leur mentor en prison dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Et l’opposition prépare sa manifestation du 19 mai.

Personne ne l’avait vu venir. C’est la surprise que des femmes pro-Khalifa Sall ont réservé hier, dans l’après-midi, aux Forces de l’ordre. Elles ont manifesté «spontanément», dit-on, sur le Boulevard de la République, à hauteur de la Cathédrale, pour exiger la libération du maire de Dakar, en prison pour détournement de deniers publics présumé dans l’affaire de la caisse d’avance. Pour avoir bloqué la circulation, ces soutiens de Khalifa Sall ont été réprimés par la police qui a usé de grenades lacrymogènes, racontent des témoins. Au moins 9 d’entre elles ont été arrêtées et conduites au commissariat central de Dakar. Parmi les manifestantes, il y a la première adjointe au maire de Dakar, Soham Wardini, une responsable de l’Alliance des forces de progrès, en rupture avec son parti. Il se dit que la députée Aminata Diallo aussi avait été brièvement  interpellée avant d’être relâchée, parce que protégée par son immunité parlementaire.
«Le pouvoir a eu peur parce qu’il estimait que cette manifestation visait à perturber la visite du Président ghanéen», confie une manifestante. Une autre d’ajouter : «C’est que nous savons que quand les femmes donnent le ton, cela fait forcément frémir le pouvoir qui n’hésiterait pas à emprisonner des hommes. Mais surtout parce qu’il y aura plus d’écho au niveau de l’opinion nationale et internationale.» En tous les cas, certains affirment que le cortège présidentiel devait emprunter ce boulevard qui mène au Palais. Jusque dans la soirée, les manifestantes n’avaient pas été libérées. Mais des sources policières assurent qu’elles le seront «certainement».
Il faut dire que ces femmes militantes et sympathisantes du maire de Dakar se sont fait entendre quelques heures seulement après l’annonce du refus de Khalifa Sall de ne plus recevoir de visiteurs après que l’Ad­mi­nistration pénitentiaire a réduit son nombre de visites de 20 à 10. Ce matin, c’est Manko taxawu senegaal qui tient un point de presse qui, selon un communiqué, «porte essentiellement sur les conditions de détention arbitraire» de leur allié Khalifa Sall. Un avant-goût de son rassemblement prévu vendredi 19 mai sur le Boulevard Général De gaulle.
hamath@lequotidien.sn

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