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Les populations des villages de Kessoukhatt, Kathialick et Mbadatt, dans la commune de Keur Moussa, impactées par le projet de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), étaient en sit-in, ce samedi, pour dénoncer le non-respect des engagements pris par l’Etat du Sénégal.

Alors que le chef de l’Etat était en train de visiter l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) avec son homologue du Burkina Faso, les populations de Keur Moussa, regroupées autour d’un Collectif pour l’émergence des villages de Kessoukhatt, Kathialick et Mbadatt, crient leur «désespoir» aux alentours de ladite infrastructure. Selon le Secrétaire général du collectif, Abdoulaye Diouf, à deux mois de l’inauguration, «une liste» de préoccupations des personnes impactées par le projet «reste sans réponses». Il s’agit, selon lui, «de la signature du protocole de Saly, le 9 mai 2015, qui a vu l’engagement des autorités en charge du projet à respecter les droits des Populations affectées par le projet (Pap)». En effet, explique M. Diouf, «les populations déplacées étant constituées en majorité d’agriculteurs, le président de la République avait fait un décret déclassifiant 304 ha de la forêt classée pour le remplacement des champs perdus. Hélas ce périmètre n’a fait l’objet d’aucun aménagement et demeure en ce moment incultivable. Et les autorités semblent le placer aux oubliettes en laissant les cultivateurs désœuvrés». Noir de colère, il dit : «Dans le protocole d’accord de Saly, il était convenu que l’Aibd S.a va clôturer les cimetières dans l’emprise de l’aéroport. A deux mois de l’ouverture, rien n’est encore fait. En plus, il y a un silence radio de cette question du côté des autorités compétentes.» Sans compter, ajoute-t-il, «le paiement des pertes de récoltes et des impenses des Pap de Kathialick et Kessoukhatt qui pose problème». A ce sujet, Abdoulaye Diouf déplore : «Le recensement des terres s’est déroulé avec beaucoup d’insuffisances et de confusions ayant occasionné d’importantes réclamations de la part des Pap. Une partie de ces dernières a certes perçu des indemnités mais un nombre important des intéressés attend depuis plus de huit ans leur dû. L’Aibd, jusqu’à ce jour, peine à honorer ses engagements pour les visites de terrain afin de diligenter ces réclamations.» S’agissant de la question du traitement des réclamations (villas et champs), le plaignant reste sans voix : «Des zones d’ombre subsistent encore sur la base de données des indemnisations et des réclamations ont été faites par le Pap mais jusque-là sans suite.» A cela s’ajoute la question du recrutement de la main d’œuvre locale : «Nous sommes frustrés du fait que les Pap ne soient en aucun cas associées à la question des emplois directs et indirects par les autorités.» Entre autres préoccupations, «les 250 000 F Cfa pour les frais de déplacement pour les Pap de Kessoukhatt non-versés par l’Aibd. Le dossier des héritiers. Le branchement en eau des villages de Kathialick et Kessoukhatt à partir de la conduite devant alimenter la zone économique spéciale intégrée». Ainsi demandent les populations des villages impactés par le projet de l’Aibd que ces  questions trouvent une solution définitive.
Prenant part à la rencontre, le chargé de communication du maire de la commune de Keur Moussa, Bougouma Thiombane, dit soutenir ce «noble combat». «Pour la question de l’emploi des jeunes, il y a toutes les compétences dans la commune de Keur Moussa et puisque c’est la localité qui a adopté une posture républicaine pour donner ses terres, ses jeunes doivent être prioritaires en ce qui concerne les emplois et conformément au Code du travail.» Il rappelle que «les populations ont connu des pertes énormes en ce qui concerne les récoltes», et regrette, vu la situation actuelle, «l’absence de perspectives quant à la prise en charge correcte et diligente des préoccupations». Pour dire, selon lui, «il est temps que les autorités de l’Aibd appellent les représentants des populations autour d’une table pour régler toutes ces questions». M. Thiombane n’a pas manqué de poser un «problème d’environnement puisque les caniveaux construits dans le cadre de l’assainissement de l’aéroport déversent les eaux de ruissellement dans les villages environnants, causant ça et là des inondations très préjudiciables».
nfniang@lequotidien.sn

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