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«Susciter un débat public national et régional sur les industries extractives au Sénégal», c’est l’ambition du président du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Sénégal (Cn-Itie), Mankeur Ndiaye. Il l’a fait savoir mardi dernier à Kédougou lors de l’atelier régional de vulgarisation à grande échelle des rapports Itie 2015 et 2016. A en croire l’ex ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, cela va permettre de mieux «communiquer, de développer la culture de la transparence et celle de la redevabilité» sur ce que les industries extractives «rapportent aux régions d’exploitation» pour ne pas dire au Sénégal tout entier. Cette volonté s’inscrit en droite ligne de l’exigence 7 de la norme de l’Itie. Conformément à la Constitution, dira Mankeur Ndiaye, «les ressources naturelles appartiennent au Peuple». Ainsi, ajoute-t-il, il est important «que les populations sachent ce que l’exploitation des ressources leur rapporte». C’est tout le sens de l’atelier régional qui s’est tenu à Kédougou et qui a permis de passer en revue le potentiel minier de cette partie du pays, considérée comme la région minière par excellence du Sénégal.

L’or a rapporté 22 milliards au Trésor en 2016
A ce niveau, il faut signaler que les contributions de l’exploitation aurifère au Trésor public sénégalais sont non négligeables. A en croire Mankeur Ndiaye, l’or a rapporté au Trésor public 13 milliards en 2014, 18 milliards en 2015 et 22 milliards en 2016. Par ailleurs, il est revenu sur l’importance de la péréquation qui permet à toutes les régions de bénéficier des retombées de l’extraction minière. Malgré l’importance qu’accorde le chef de l’Etat à ce fonds, il est en veilleuse depuis 2009 avec des arriérés de plusieurs dizaines de millions à payer. En plus du Fonds de péréquation, les collectivités locales verront bientôt leurs caisses renflouées avec l’érection d’un Fonds d’appui aux collectivités locales prévu par le nouveau Code minier.
Répondant sur l’impact que les retombées de l’exploitation minières ont sur les populations, le président du Cn-Itie reconnaît que «des choses restent à faire. Puisque même le Fonds de péréquation reste infonctionnel de­puis 2009».
Mais par rapport aux arriérés des collectivités locales, il assure que «suite aux instructions du chef de l’Etat, les collectivités locales recevront cette année le paiement de leurs arriérés». Conscient de la position géographique de la région de Kédougou et des questions de sécurité qui se posent avec acuité, le président du Cn-Itie informe qu’il a «toujours suivi avec beaucoup d’attention l’importance que le président de la République attache à la sécurité, surtout dans les régions frontalières comme celle de Kédougou». En atteste d’ailleurs la mise en œuvre du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma). Pour lui, la prise en charge de la question de la sécurité est «fondamentale», surtout avec l’exploitation artisanale de l’or et le fort taux de flux migratoire qu’enregistre la région. Il y a beaucoup de missions de sécurisation qui sont effectuées dans le cadre de la prise en charge de cette question pour la sécurisation des frontières, des personnes et leurs biens. De même que de permettre une bonne conduite des opérations minières.
msdiallo@lequotidien.sn

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