PARTAGER

Manko annule sa marche du 21 décembre pour défier Macky Sall à Paris. Le Quotidien décortique les enjeux.

«La marche de l’opposition n’a jamais été annulée. En vérité, l’opposition va rejoindre Macky Sall à Paris pour organiser la marche ce 21 décembre 2016. La diaspora sénégalaise se joint à Manko wattu Senegaal pour dénoncer les dérives de Macky Sall. Le même jour, les leaders qui seront au Sénégal vont organiser une caravane pour inciter les citoyens à aller s’inscrire.» Un démenti-aveu. Le fait est qu’au moins le rendez-vous de Dakar n’aura plus lieu. Sa délocalisation dans la capitale française est une tout autre chose. Manko veut donc mettre du sable dans le couscous de la visite d’Etat prévue du 18 au 23 du mois. Une communication à l’international pour salir le tableau «propre» vendu par le pouvoir sur la démocratie, l’économie, entre autres. C’est de bonne guerre. Ce ne sera pas une première et une dernière que la bataille politique déménage. Abdou Diouf avait subi sur le perron du «Palais Bourbon» la loi de l’opposition alors cornaquée par un certain Abdoulaye Wade. Ce dernier, à son tour, a été arrosé par Niasse, Tanor, Dansokho et Cie lors de la réception du prix Houphouët-Boigny. Alors, Manko s’y met pour sacrifier à la… tradition sénégalaise. Comme un enfant (le colonisé) et son père (le colonisateur), elle y va pour faire de la délation. Et viendra ensuite la bataille de la communication, car il s’agira pour le pouvoir et l’opposition de s’offrir des espaces médiatiques. Les uns pour défendre un bilan, les autres pour le dénigrer. C’est une campagne électorale délocalisée. Mamadou Lamine Diallo, successeur de Malick Gackou à la tête de Manko, et ses camarades vont donc lâcher l’odeur du pétrole et du gaz dans les rues de Paris. Et il ne faudra pas s’attendre, dans ce «pays des droits de l’Homme», à une répression comme celle de la dernière marche de Dakar.
Si l’opposition ne veut pas entendre parler d’annulation, c’est parce que ce ne serait pas loin d’un recul devant la détermination du régime qui lui avait fixé les limites de son itinéraire. Mais Manko pourrait aussi y perdre sa crédibilité après avoir rencontré le chef de l’Etat et obtenu des concessions sur nombre de points concernant le processus électoral. Et l’autre point non inscrit à l’audience, la transparence dans la gestion des ressources naturelles, un temps «oublié», reste crucial. C’est pourquoi la deuxième lettre adressée au chef de l’Etat sur l’affaire Pétro-Tim et l’implication du frère du Président, Aliou Sall, n’a pas été comprise par certains, y compris au sein de Manko.
hamath@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here