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Berceau de l’identité artisanale sénégalaise, créé par le Président Léopold Sédar Senghor dans les années 1960, le village artisanal de Soumbé­diou­ne manque de plus en plus de visibilité. Ce temple culturel, qui autrefois était le point de rendez-vous par excellence des touristes, est aujourd’hui méconnu voire oublié.

Situé au quartier de la Médina sur la corniche ouest devant le tunnel de l’Anoci, le village artisanal de Soumbédioune souffre aujourd’hui de son manque de visibilité. Les artisans qui y viennent chaque jour afin de gagner leur pain quotidien déplorent une absence de clientèle. Pour Mahamadou Waïga, le tunnel devant le village joue en défaveur du village en empêchant les gens de le voir. Le président des sculpteurs du temple artisanal trouve que des panneaux publicitaires aideraient beaucoup les artisans à faire la promotion dudit temple. «Le tunnel empêche les gens de savoir que le village est là. Nous avons besoin que l’on fasse la promotion du village sur des panneaux publicitaires à l’entrée et à la sortie du tunnel ainsi qu’à l’aéroport», dit-il.
Artisans et collectionneurs ont le même souci de voir des clients. Chacun se remémore des moments où ses affaires marchaient bien, des temps où les touristes avaient accès au village. Aujourd’hui, ils demandent aux autorités de leur faire revivre ces moments. Par exemple, l’antiquaire M. Cheikh Mbacké Diagne sollicite le retour du rallye «Paris-Dakar». Les touristes se font de plus en plus rares au village. Peu d’entre eux savent où se trouve le site. Certains touristes viennent à Dakar et retournent sans savoir si le village existe. D’autres le connaissent tardivement. «Berceau de l’identité artisanale au Sénégal, le village n’est visité que par ceux qui le connaissent. Sinon, les étrangers ne le savent pas. Souvent, les touristes apprennent que le village existe au moment où ils sont déjà prêts à partir», déplore M. Waïga. Le président des sculpteurs demande à «l’Etat de nous aider à trouver les matières premières et à vendre nos produits à l’extérieur parce que la plupart de nos clients sont des Blancs, des Espagnols…»
L’Etat doit accorder assez d’importance à l’artisanat. L’émer­gence du Sénégal en dépend si l’on en croit M. Ndiouga Dia, secrétaire général des maroquiniers. Il trouve que sans l’artisanat, «le Sénégal ne sera pas émergent puisque 80% des Sénégalais sont des artisans». Il invite le ministre du Tourisme à leur rendre visite de temps en temps afin de nouer des relations entre l’Etat et les artisans.
Stagiaire

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