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Chaque année, c’est la même rengaine : pour cette 126ème édition du grand Magal de Touba, le manque d’eau dans certains quartiers de la capitale du mouridisme a mis en rogne les fidèles. Les populations de Ndamatou, Darou Marnane, Dianatou Mahwa, Khaïra, entre autres localités, ont eu toutes les difficultés du monde pour se procurer le liquide précieux. En dépit des 33 forages installés dans la commune de Touba mosquée. Une situation que Serigne Saliou Ndiaye, habitant du quartier Khaïra, juge regrettable surtout en cette période de pandémie du coronavirus où le lavage des mains doit être privilégié. Il dit : «Comment les autorités peuvent nous imposer le respect des gestes barrières pour lutter contre la propagation du Covid-19 alors que nous devons nous laver les mains régulièrement. Nous sommes très fatigués et chaque année nous vivons pratiquement la même situation. Il est temps que des solutions pérennes soient trouvées.»
Bassine sur la tête, Sokhna Mame Diarra Fall est folle de rage. «C’est impossible de passer un bon Magal avec un manque d’eau. On nous parle de camions citernes mais tout le monde n’a pas eu la chance d’être ravitaillé.» Bien sûr, pour tenter d’alléger la souffrance des fidèles, près de 100 camions citernes distribuent de l’eau dans les quartiers. Aussi, plus de 50 bâches à eau ont été installées dans les zones pour assurer un approvisionnement correct en eau potable.
Aujourd’hui, la situation du manque d’eau noté durant ce grand évènement religieux ne laisse pas indifférentes les autorités administratives. Lors de l’installation de l’état-major du Magal à la sous-préfecture, le Gouverneur de Diourbel, Gorgui Mbaye, n’a pas occulté la gravité de la situation : «Avec le contexte du Covid-19, il faut noter que nous avions souhaité avoir plus d’eau que l’année dernière ou les années passées mais compte tenu du fait qu’on a démarré des travaux avant le Magal, il y a eu quelques lenteurs. Il y a eu même des appels d’offres infructueux mais ces travaux ont pu démarrer et ces forages ont été réceptionnés, pas totalement fin prêts mais mis en service avec un niveau de service optimal.» Mais, il y a eu des impairs : «A cause des interventions des tiers sur le réseau, il y a eu quelques dégradations, quelques casses dont les réparations exigeaient nécessairement la fermeture de forages et leur démarrage a pris du temps. Un forage, on ne l’arrête pas quand on veut et on ne l’ouvre pas comme on veut.» Il ajoute pour se défendre : «C’est une conjonction de plusieurs facteurs qui a amené cette situation. Mais, d’après les renseignements que j’ai reçus, la situation s’améliore d’heure en heure même si nous sommes persuadés que l’eau ne sera pas suffisante. Il faut noter que les trois nouveaux forages plus un renouvellement du réseau, a fait que Touba est à 33 forages contre 29 l’année dernière.» En tout cas, l’Etat espère conjuguer les dysfonctionnements dans la distribution de l’eau à Touba avec des réformes en profondeur. «C’est-à-dire il y aura un diagnostic du réseau et un plan directeur», précise-t-il.

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