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Des partis et mouvements se sont réunis, samedi, à Dakar pour une session de formation de 72 heures. Des experts électoraux tunisiens et d’autres pays africains vont partager avec les participants à cette rencontre, organisée par l’Union pour la démocratie et la réforme (Udr/Dooley yaakaar), sur des stratégies électorales. Une coalition avec le Mrds, Taxawu Senegaal de Cheikh Diaw, des députés comme Awa Mbodj et Cheikh Ndiaye, entre autres, n’est pas exclue. Dans cet entretien, le leader de Dooley yaakaar aborde aussi l’actualité avec les députés de la diaspora, mais aussi les Législatives.

En quoi l’expérience tunisienne vous inspire-t-elle dans vos stratégies électorales ?
L’expérience tunisienne, c’est celle du «printemps arabe» qui a réuni différents acteurs à des moments différents. Malgré cette révolution de 2010-2011, les Tunisiens ont su garder le concept «la patrie avant le Peuple». Au Sénégal, les gens le disent, mais ne le pratiquent pas. Nous avons vu donc des acteurs politiques qui gagnent des élections et qui laissent à d’autres partis diriger. Le parti Ennahdha, la Renaissance, a gagné les premières élections de la Tunisie libre et avait donné la Présidence à Moncef Marzouki. Ennahdha a également refusé d’aller aux élections tant que ses alliés n’arrivaient pas avoir un candidat consensuel. Il a failli imploser, mais c’est un parti qui a toujours mis en avant les intérêts de la Tunisie pour préserver les acquis de la révolution. C’est donc similaire à notre pays qui a connu des violences électorales en 2012. Certains semblaient dire «la patrie avant le parti», mais aujourd’hui c’est bien le parti qui est mis en avant.

Irez-vous aux Législatives en coalition ou sous votre propre bannière ?
J’avais déclaré ma candidature à la Présidentielle et je ne démords pas de mes ambitions de voir un Sénégal sur les rails, de mettre fin au chômage des jeunes avec un taux de 48%. Malgré tout ce qu’on dit comme le Ter, les nouveaux pôles urbains, le Sénégal reste encore un pays frappé par la pauvreté qui menace la stabilité de notre pays plus qu’on ne le croit. Il faut des alternatives crédibles et viables à cette politique politicienne qui gangrène notre société. Donc, l’objectif c’est de construire une coalition électorale autour de Dooley yaakaar. Nous travaillons avec d’anciens députés et des députés sortants, mais aussi avec des mouvements et acteurs politiques jusque dans la diaspora. Dooley yaakaar est en train de s’implanter au Maroc, aux Etats-Unis et en Espagne. Et dans cette coalition, il y aura aussi des organisations professionnelles. Par exemple, il y a un potentiel de 25 mille coiffeuses à Dakar, l’Alliance des femmes leaders avec 91 associations de femmes. Cette Assemblée nationale que nous avons tous désavouée n’est pas la représentation du Peuple sénégalais dans ses préoccupations.

Vous fermez la porte à une coalition avec la majorité présidentielle ?
Tout à fait. Nous ne l’envisageons même pas parce que nous venons de sortir de Benno bokk yaakaar suite à des désaccords avec le Président Macky Sall comme son reniement sur le mandat de 5 ans, sur les insuffisances dans les réformes de la justice, sur le cumul des mandats, entre autres. Et cela, nous l’avons exprimé par le rejet de son projet de réforme au référendum. Nous n’avons pas non plus participé aux élections des hauts conseillers bien que nous ayons des conseillers sur l’ensemble du pays.

Alors, y a-t-il une possibilité que ce soit avec des partis membres de Manko wattu Senegaal ?
Nous sommes des centristes, mais nous sommes aussi avec d’autres partis avec lesquels nous partageons des principes. Nous ne sommes pas dans Manko parce que ce n’est pas une coalition électorale. Nous n’attendons pas d’avoir le pouvoir pour être au service du Peuple. Nous utilisons notre intelligence et nos compétences pour l’assister. Je viens de Sototo (dans le Goudomp), où les femmes font 4 kilomètres pour avoir de l’eau. Et nous sommes en train de forer un puits dans cette localité. Dans la vallée du fleuve Sénégal, nous avons également lancé des projets pour un retour vers l’agriculture avec le concours du Fongip et nous l’articulons avec l’habitat pour les fixer sur notre sol ; donc pour que les jeunes ne s’aventurent pas dans l’émigration. Il faut aussi voir comment investir les 900 milliards de la diaspora dans le développement.

La diaspora, justement, qui est à l’origine de l’augmentation du nombre de députés avec 15 représentants qui lui sont dédiés. Qu’en dites-vous ?
La diaspora est un acteur majeur du développement. Nous avons beaucoup de sympathie pour elle, pour ce qu’elle fait pour le Sénégal. Tout de même, cette augmentation nous paraît excessive. L’Etat doit s’évertuer à régler surtout les conditions diplomatiques de représentation de la diaspora. Je m’explique : Un Marocain qui travaille en Italie et retourne dans son pays garde sa pension de retraite. Mais un Sénégalais qui rentre perd sa retraite. Tout comme il y a un problème d’accessibilité de nos consulats. Et ce sont là les véritables problèmes. Nous ne sommes pas contre la représentation de la diaspora à l’Assemblée, mais 200 mille Sénégalais de l’extérieur, c’est un ratio de 14 mille personnes pour un député. Pikine, c’est 1 million 550 mille électeurs, soit un ratio de 91 mille personnes représentées par un député. Donc, les décisions ne doivent pas être orientées par un souci politique, parce que le Président a accès à la diaspora, ou parce qu’avec le Faise, il peut espérer en faire un vivier électoral. Le calcul est politicien. Alors qu’on parlait de 10 députés lors des négociations sur le fichier, on nous sort subitement 15 en surprenant la classe politique. Nous ne faisons que constater, mais nous allons travailler avec cette diaspora où il y a des voix divergentes d’ailleurs. En tout cas, je le dis avec force, Mansour Ndiaye, député, représentera tous les Sénégalais de l’extérieur.

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