PARTAGER

Quinze maraîchères venues du Niger et du Burkina Faso effectuent une mission d’études au Sénégal. Pendant quatre jours, elles vont visiter le périmètre de Kamb et un autre site à Toubacouta pour s’imprégner de nouvelles techniques qu’elles comptent reproduire dans leurs pays respectifs, afin d’assurer une meilleure productivité.

Se servir de l’expérience sénégalaise pour de meilleurs rendements dans leur domaine d’activités : c’est le résultat escompté par la quinzaine de maraîchères en provenance du Niger et du Burkina Faso qui effectuent depuis lundi une mission d’études de 4 jours au Sénégal. «L’objectif de ce voyage d’études pour ces maraîchères est de s’inspirer des expériences du Sénégal en matière de planification maraîchère et de gestion d’une exploitation», a expliqué au premier jour de la visite Hamidou Coly, membre du Projet des services et des entreprises du mil (Psem) et facilitateur de la mission. Pour s’imprégner du modèle qui intègre, en plus de l’exploitation, la gestion et la comptabilité, la délégation a effectué une visite des installations du périmètre de Kamb où des femmes, encadrées par les services des Eaux et forêts, exercent leurs activités sur trois hectares en plein cœur de la forêt classée. De la culture sur table en flottille ou avec de la coque d’arachide combinée au son de riz à la technique d’arrosage par le goutte-à-goutte, toutes les facettes de l’Union des femmes pour le développement endogène de Kamb (Ufdec) qui exploite le périmètre ont été défrichées au grand bonheur des visiteuses.
«Au Sénégal, les maraîchers ont suivi l’évolution de la technologie et utilisent des méthodes modernes pour bien développer leurs produits. Pour nous  au Niger, nous travaillons toujours avec les anciennes méthodes (…) On ne gagne pas beaucoup d’argent, parce qu’on ne connaît pas bien les techniques pour booster nos activités. On va essayer de reproduire au pays le modèle que l’on nous a présenté», a concédé Salamatou Bagnebaba, gérante dans son pays d’un groupement composé d’une trentaine de femmes. Issaka Housseini, manager du Programme national horticulture commerciale et nutritionnelle du Niger, considère la visite comme une séance de rattrapage pour la délégation qu’il conduit. «Nous sommes venus vers ces femmes pour échanger et essayer de comprendre comment, depuis qu’elles ont eu la formation, elles arrivent à faire une bonne gestion financière et que nous, malgré que nous ayons eu cette formation, nous n’arrivons pas à le faire. Nous aimerions savoir où est-ce que cela bloque pour pouvoir aller de l’avant», a-t-il confessé. «Ce n’est que cette année que l’on s’est regroupé en groupement de femmes au Burkina», a fait savoir Fo Fatima qui dit être venue pour apprendre. Parlant de l’aménagement du périmètre de Kamb dans la forêt classée, l’agronome burkinabè Hubert Bationo, chargé de programme national, aimerait voir la méthode expérimentée dans son pays. «Je n’ai pas vu cet exemple au Burkina. On a intérêt à ce que même des services techniques de l’Etat viennent s’inspirer de cet exemple-là, parce que c’est formidable. C’est un partenariat gagnant-gagnant entre la population locale et les autorités en charge de la protection de l’environnement», a-t-il fait savoir.
Après Dakar, avec le périmètre de Kamb, la délégation se rendra à Toubacouta pour découvrir d’autres techniques que les quinze femmes espèrent pouvoir transposer dans leur pays pour faire fructifier leurs activités.
abndiaye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here