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Ce fut un hommage ! Cette randonnée pédestre, une foule nombreuse qui, partie du stade Iba Mar Diop le dimanche 28 avril 2019, a sillonné les rues de la Médina pendant des heures, a regroupé au-delà de la famille sportive, les parents, amis et admirateurs de cet homme que la justice ou l’injustice tient éloigné des siens depuis plus de 3 ans.
Un grand homme. Mais ne dit-on pas «aux grands hommes les plus dures épreuves».
Lamine Diack a embrassé la politique, fut maire de la ville de Dakar, mais la grande consécration c’est dans le sport qu’il l’a connue. Meilleur homme du milieu d’Afrique dans les années 1958-59, champion de France de saut en longueur, commissaire aux Sports et enfin président de l’Iaaf, l’instance suprême de l’athlétisme. Mais cet homme vaut surtout pour ses qualités humaines : franc, pieux, généreux, prêt à tout donner, à tout offrir. Il fut l’un des fondateurs du «Foyer France Sénégal».
Plus qu’un club de football, le Foyer dont nous formions l’équipe junior avec Louis Gomis, Issa Mbaye, Meïssa Mbaye, Vieux Faye, Limamou, Sakho, fut tout simplement une famille, un centre d’éducation. Nous avons eu la chance d’être managés par une race de dirigeants qui aujourd’hui a disparu. Je veux parler de : Ibrahima Ba (Unesco), Maguette Diack, Alioune Diack, Ass Diack et bien sûr Lamine Diack. De grands éducateurs qui ont servi le football et qui, eux, n’étaient friands de voyages et de «perdiems».
Depuis plus de 3 ans, des séances de lecture du Coran ont été organisées à l’intention de Lamine Diack. Le mercredi 1er mai courant chez Mor Yalli à la Médina, lors de la cérémonie dédiée au repos des anciens footballeurs disparus, des prières ont été formulées pour le retour au pays de cet homme. Durant la dernière nuit de «Laylatul Khadre» où les anciens footballeurs réunis autour de El Hadji Malick Sy Souris, ont psalmodié des prières pour le salut de ceux qui ne sont plus, toutes les pensées sont ensuite allées vers Lamine Diack.
A l’heure où cette nuit à nulle autre pareille faisait ses adieux, quand se faisaient sentir les premières approches du matin et que venant d’une mosquée alentour, la voix du muezzin déchirait les ténèbres, j’ai vu un ancien qui avait les larmes aux yeux.
Je me souviens, il y a longtemps, à la suite d’un décès, une nouvelle fois un membre de sa famille Lamine Diack me disait : «Vois-tu, Dieu à 99 noms ou attributs. Il n’y en a pas un seul qui soit le méchant.» Dieu Le Miséricordieux. Non, Dieu ne peut pas rester sourd à nos prières. Seigneur Le «Tout Puissant», ramène Lamine Diack au sein de sa famille, de ses amis, et de tous ceux qui l’ont connu.
Amadou Dial SENE

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