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La pandémie du coronavirus n’a pas mis en berne les activités commerciales du marché Bignona qui reste encore bien fourni en viande de porc. Celle-ci remplit les étals pris d’assaut par de nombreuses personnes dans ce contexte de flambée de la maladie.

Comme si de rien n’était, les quartiers de viande sont exposés sur des tables. Des femmes et des hommes derrière leurs étals proposent gigots, côtelettes, jambons, entre autres, aux clients, guère soucieux de la réalité actuelle. En cette matinée ensoleillée, Bignona grouille de monde. Les vendeurs élèvent la voix pour attirer les clients vers leurs étals. L’odeur de la viande grillée attire une variété de personnes, venues prendre leur petit-déjeuner dans une promiscuité qui plaît bien au coronavirus. Ils se délectent des morceaux de viande bien cuits et assaisonnés de citron et de moutarde. Et ça fait saliver plus d’un… «Nous sommes là pour acheter de la viande grillée. C’est notre petit-déjeuner», assume un homme sous le couvert de l’anonymat.
Ce décor montre l’insouciance de certains devant le péril qui les guette. «Nous vendons tous les jours. Il n’y a pas encore de problème. Des gens viennent s’approvisionner», se délecte Maria Mendy, qui attend ses premiers acheteurs. Mais l’attente est vite rompue avec l’arrivée de jeunes dames de forte corpulence. Sa voisine de table les propose un gigot. Elle ne se fait pas aussi prier pour le sortir afin de la ferrer. Voulant éviter de frustrer les deux vendeuses – les étals sont contigus – elles coupent la poire en deux : 4 kg chez l’une et 2 kg chez l’autre. Tout ça finit sur un éclat de rires.
A la question de savoir si elles préparent une fête ou un événement en achetant 6 kg, la réponse coule de source : «Nous ne préparons pas une fête. C’est pour notre restauration», répond l’une d’elles. Elles rajoutent néanmoins pour montrer qu’elles sont sensibles à la situation actuelle dictée par le diktat du coronavirus : «On ne sait pas ce que les autorités vont décider. Il se pourrait qu’on aille vers un confinement, comme c’est le cas en Europe. Nous voulons tout juste prendre les devants et acheter suffisamment de viande pour la famille.»
Le marché de Bignona vit encore comme aux beaux jours, malgré les menaces de la maladie qui pèsent dans la capitale.

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