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Le Marché central au poisson de Pikine sera réhabilité, selon le chef de l’Etat. Le ministre de la Pêche a engagé tous les services de l’Etat pour un «coup de balai à grande échelle» lundi prochain. C’est entre autres l’une des doléances des acteurs, qui est en train d’être satisfaite après leur grève de la semaine dernière.

C’est un euphémisme : le Marché central au poisson de Pikine est sale. Le fait d’y être présent après 9 h, enlève toute envie de consommer du poisson. A cette heure, les camions ont fini de décharger les poissons. La fumée, qui s’échappe des véhicules, mélangée à l’odeur des déchets composés majoritairement de restes de poisson, vicie l’atmosphère. Dans ces conditions, il est difficile de fidéliser une clientèle. Les véhicules traversent les eaux usées, contournent les bacs à ordure comme si de rien n’était. L’image est stupéfiante. Et tout ceci est visible à une centaine de mètres. «Ne vous garez pas ici, sinon le camion n’aura pas de place. Bougez», ordonne avec fermeté, le responsable du  stockage des déchets à un client. Il s’exécuta sans broncher. Cette situation résume bien l’atmosphère, qui règne au Marché central au poisson de Pikine.
Les travailleurs, qui sont sidérés par cette situation, ont observé dernièrement 2 jours de grève. Cette doléance est en train d’être satisfaite, car la tutelle, pour respecter ses engagements, a promis  «un coup de balai à grande échelle» lundi prochain. Les services de l’ordre, la Senelec, l’Ageroute, l’Onas, vont mettre la main à la poche. Il faut rappeler que l’une des assurances donnée par le ministre de la Pêche, pour calmer les acteurs de ce marché, était de mettre fin à l’insalubrité. «Désormais, le marché sera bel et bien propre », avait-t-il promis. Construit, grâce à la Coopération japonaise, en 1992, ce marché présente aussi des signes de vétusté. C’est la raison pour laquelle les occupants avaient aussi demandé dans leurs revendications sa réhabilitation. Mais, pour le moment les autorités ont décidé de s’attaquer d’abord à l’insalubrité, comme première urgence à régler.
Si ce problème sera probablement résolu d’ici la semaine prochaine, la tutelle devra retrousser les manches pour satisfaire les autres revendications. Il s’agit de «la création d’un fonds social», d’un audit foncier du marché, une doléance pour laquelle le ministre de la Pêche aurait donné son aval. «On ne peut pas comprendre qu’on parle de marché central au poisson et qu’à l’intérieur on y trouve des vendeurs de légumes. Si la construction des cantines continue, notre marché sera menacé», a déploré Mamadou Sow, responsable des occupants lors de l’Assemblée générale tenue pour restituer leur rencontre avec le ministre de la Pêche. Un problème qui semble être résolu. Selon le conseiller du directeur du marché Cheikh Salam, «les vendeuses de légumes ont reçu des sommations pour libérer les lieux». « On leur  avait permis d’occuper les lieux car elles vendaient près du chemin fer et c’était  risqué», a-t-il dit.
L’actuelle équipe dirigeante installée depuis 18 mois et les occupants n’avaient pas de bonnes  relations. Les occupants du marché avaient réclamé la tête du directeur général pour «mauvaise gestion». Entre temps, 2 mouvements d’humeur ont été organisés par les occupants. Le président de la République a pris le problème à bras-le-corps. Lors du dernier Conseil des ministres, il avait demandé que des mesures soient prises pour la réhabilitation du marché. Un soulagement pour la direction, qui a fait de la satisfaction des doléances son combat. Preuve à l’appui, elle a saisi l’autorité depuis plus d’un an et c’est maintenant que M. Sall a décidé de réagir. Le différend étant en phase d’être résolu, les occupants et la direction du marché semblent avoir fumé le calumet de la paix. «Le dialogue sera permanent»,  a fait savoir Mamadou Sow. La direction, par la voix de Cheikh Salam, soutient quant à elle «travailler pour eux ». «Ils sont nos amis, parents et proches, on travaille tous pour le même but. Maintenant, le président de la République a pris le dossier en main», a-t-il assuré.
 mgaye@lequotidien.sn

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