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«Non à l’injustice !» Une lamentation qui reste un véritable cri du cœur des populations de Notto Diobass qui trouvent paradoxale l’implantation de 14 forages dans leur localité pour desservir Dakar et une partie de la région de Fatick, alors que les villages de la commune peinent à s’approvisionner en eau. A l’appel de la plateforme citoyenne «Les sentinelles du Diobass», les populations ont marché ce samedi pour réclamer une solution définitive à la pénurie d’eau qui sévit dans cette localité du département de Thiès.

«Nous n’accepterons plus que la ressource eau soit exploitée à partir de notre nappe à un rythme excessif pour desservir d’autres régions de ce pays où vivent des Sénégalais, citoyens au même titre que les populations du Diobass, alors que ces dernières meurent de soif», s’enrage Djiby Faye, secrétaire général de la Plateforme citoyenne «Les sentinelles du Diobass», au milieu d’une foule réclamant à tue-tête le précieux liquide. «Diobass a soif» «Non à l’injustice» ou encore «Aquatech dégage», se lamentent en chœur les habitants d’une vingtaine de villages devant la sous-préfecture de l’arrondissement de Notto Diobass après une marche dans les rues. Foulard rouge à la tête, M. Faye estime que la coupe est pleine, «l’injustice que subissent ces populations pourrait s’apparenter à un crime contre l’humanité». Il s’étrangle : «L’eau n’est pas indispensable à la vie, elle est la vie en elle-même. C’est pourquoi nous demandons au président de la République, garant de l’équité et de la justice sociale, qu’une telle injustice soit réparée et que tous les 69 villages de la commune soient branchés au réseau des forages à grande envergure dits de Tassette, réalisés dans le cadre du Projet eau et assainissement en milieu urbain (Peamu) et destinés à renforcer l’adduction en eau de Dakar.» Il renseigne que «les 10 forages fonctionnels de ce projet sont localisés dans la commune de Notto Diobass». Pis, ajoute Djiby Faye, «le projet Notto-Ndiosmone-Palmarin, qui ravitaille en eau une bonne partie de la région de Fatick avec un rayon qui s’agrandit pour desservir les 12 îles du Saloum, est d’ici». Il enchaîne : «Pendant ce temps, Diobass est confrontée à une pénurie d’eau depuis plus de deux ans. Un manque du liquide précieux qui continue à sévir et à précariser le quotidien des populations de cette localité qui constitue la première communauté rurale du Sénégal créée en 1972.» Aussi, Les sentinelles s’opposent par ailleurs à la surexploitation de la nappe phréatique qui menace d’aridité la vallée fossile du Notto Diobass, où se pratique l’horticulture. Elles veulent que «la vitesse exponentielle, à hauteur de 20 millions de litres d’eau/j, par laquelle est exploitée la nappe dans le cadre du Peamu soit revue à la baisse». Parce, qu’estiment-elles, «les anciens forages locaux qui captent une nappe superficielle sont promis à mourir de leur belle mort». Lesquels forages qui «fournissent une eau qui, soumise aux normes de l’Oms en matière de consommation, pourrait engendrer des dangers au plan de la santé». A ces problèmes s’ajoutent ceux de la «vallée fossile du Diobass tant chantée, tant fertile et qui a toujours joué un rôle décisif dans le développement local est aujourd’hui empreinte à l’aridité. Les vergers se meurent et l’agriculture hors saison qui se pratiquait dans cette zone-là est évidemment menacée. Cette situation risquerait donc d’entraîner d’énormes périls au niveau de notre environnement».
Les populations de Notto Diobass, une commune dirigée par le ministre des Transports aériens et du tourisme, n’ont pas aussi manqué d’interpeller les autorités étatiques et le directeur de l’Ofor par rapport «à l’incompétence et le manque de respect manifeste de la société Aquatech qui a trahi le contrat qui le liait aux populations sur toute la ligne. Elle a fini par tuer nos forages locaux dont la nappe est aujourd’hui fortement sollicitée par ceux du Peamu». Elles exigent ainsi «une rupture de contrat pour la gestion de ces forages avec cette société». Ces populations se sont également opposées au «prix du mètre cube d’eau qui avoisine les 400 francs Cfa, soit plus cher dans les zones rurales qu’en ville, ce qui est lié au principe de la privatisation que nous récusons avec véhémence». Elles menacent de «corser la lutte avec d’autres stratégies, si ce cri du cœur n’est pas entendu par une oreille attentive. Nous allons recourir à d’autres moyens pour que cette injustice soit corrigée au nom de la souveraineté populaire». Dans leur speech, Les sentinelles ont vivement décrié que leur localité, qui a «construit Ila Touba de par les carrières de Pout Ngollar dont les contrats sont jusqu’ici litigieux, car opaques», n’aie jamais profité des mannes financières de celles-ci.

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