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C’est inédit : Jeunes, vieux, hommes et femmes du Dandé Mayo ont battu hier le macadam de la Place de la Nation à la Rts. Ils protestaient contre le désenclavement de leur localité qui ne dispose même pas de route bitumée, ni d’électricité et d’eau potable en permanence.

Il faut faire du bruit pour se faire entendre. Les ressortissants des villages du Dandé Mayo à Dakar n’ont rien laissé au hasard. Malgré leur nombre assez limité, ils ont élevé le ton en utilisant des sifflets, des «vuvuzelas» pour offrir un concert de son tout le long de l’itinéraire de leur marche de protestation. Arborant des brassards rouges, des tee-shirts, ils ont  dévoilé leurs préoccupations sur des pancartes. «Dandé Mayo réclame le bitumage des axes Nawel-Dembacane et Thialy-Kanel pour un désenclavement total de la zone ! Aidez-nous à cultiver nos terres ! Accès des femmes et des jeunes aux financements, Garly réclame de l’électricité», peut-on entre autres lire.
Ces manifestants protestent contre l’enclavement dont est victime le Dandé Mayo. «Nous réclamons le bitumage de l’axe Nawel-Dembacane. C’est l’ancien Président Abdoulaye Wade qui l’a construite en 2003.  Dix-sept ans après, cette route n’a pas été réhabilitée. Et nous avons tous les problèmes du monde pendant l’hivernage. C’est la route principale que nous utilisons», a indiqué Amadou Diallo. Selon lui, le Président Macky Sall avait promis, lors de la campagne électorale, de réhabiliter cette voie. «Mais voilà aujourd’hui, après  deux mandats, il n’a encore rien fait», se désole-t-il. Face à ces promesses non tenues, les habitants du Dandé Mayo en ont marre. «Fouta en a marre ou encore ‘’yo gass’’ (Assez)», scandaient-il en chœur sur l’asphalte du boulevard du Général de Gaulle. «Nous réclamons le désenclavement de Dandé Mayo», a fait aussi savoir Moussa Ndiaye, le président de Dandé Mayo émergent, qui regroupe 46 villages. Selon lui, cette zone n’a pas de route goudronnée, ni l’électricité encore moins d’eau potable. Profitant de l’occasion, il a remercié la diaspora. A l’en croire, c’est grâce aux émigrés que ces villages disposent de quelques infrastructures telles que des structures de santé. «Mais je pense qu’ils ne peuvent pas tout faire. Certaines infrastructures, comme la construction de la voirie, relèvent des compétences de l’Etat», dit-il. C’est la quatrième marche de protestation des habitants du Dandé Mayo, après celles organisées au Fouta, à Nawel et dans la diaspora.  En tout cas, les ressortissants de ces villages ne perdent pas espoir d’avoir un écho favorable auprès du chef de l’Etat. «Nous espérons que Macky Sall va nous entendre et qu’il va agir», espère Moussa Ndiaye.
justin@lequotidien.sn

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