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Cette année, ce n’est pas si facile de s’y retrouver avec le Festival de Cannes. A cause de la pandémie du coronavirus, pas de tapis rouge, pas de montée de marches, pas de compétition officielle, donc pas de Palme d’or, ou presque. Car la semaine dernière, le Festival a annoncé la tenue de la compétition des courts métrages à une date encore inconnue en automne, avec, à la clé, la remise de la Palme d’or pour le court. Les 56 longs métrages officiellement sélectionnés sont obligés de se contenter d’un label «Cannes 2020». Ainsi, le Festival affirme sa décision d’être résolument du côté du grand écran et cherche à soutenir «ses» films dans d’autres festivals et lors de leur sortie en salle.  Et puis, il y a le Marché du Film de Cannes où règnent encore d’autres règles. Pour garder le plus possible l’ambiance du Festival de Cannes, ici, la plupart des films de la sélection officielle sont disponibles, à des horaires précis, dans des salles de cinéma virtuelles, pour les professionnels du secteur, connectés dans le monde entier via la plateforme sécurisée Marché du film digital qui affiche fièrement le célèbre Palais des festivals de Cannes comme image de fond d’écran.
Parmi les mille deux cents projections prévues pendant les cinq jours, il y a, par exemple, Gagarine, de Fanny Liatard & Jérémy Trouilh, proposé pour les professionnels accrédités en première mondiale au Marché du film, ainsi que Eté 85, de François Ozon, qui sortira le 14 juillet en salles en France, ou le nouveau documentaire de Dieudo Hamadi, En route pour le milliard, avec une rencontre programmée le vendredi 26 juin en vidéo-conférence avec le cinéaste congolais.
En temps normal, ce rendez-vous incontournable réunit plus de 12 500 professionnels du cinéma : producteurs, acheteurs, programmateurs, distributeurs, au Palais des festivals pour y présenter et faire découvrir près de 400 films et projets dans 33 salles de projection. Cette année, avec presque 10 000 inscrits, issus d’une soixantaine de pays, à la première édition numérique, l’afflux est certes moindre, mais reste toutefois énorme. Car le milieu cinématographique était terrifié par l’idée de devoir renoncer à cet événement capital pour l’industrie du film. Sans oublier que, parmi les inscrits, se trouvent cette année aussi des professionnels qui ne se déplacent normalement pas à Cannes.
En 2019, les participants américains arrivaient en tête de liste, avant les Français et Britanniques. Et parmi les 121 pays représentés, on trouvait aussi de nombreux pays africains comme le Cameroun, l’Ethiopie, le Rwanda, le Soudan ou la Tanzanie. Cette année, les professionnels européens représentent 40 % des participants et les Nord-américains 25 %, réunis autour de 250 stands et 60 pavillons. Pour le moment, rien n’est décidé, mais il est fort probable que l’expérience de cette première numérique changera à jamais pas seulement le déroulement du Marché du film, mais aussi celui du Festival de Cannes en général, avec un avenir plus hybride entre physique et virtuel. Car juste avant le Marché du film de Cannes, le Festival d’Annecy, le plus grand rendez-vous au monde du film d’animation, a brillamment démontré qu’on pouvait organiser à la fois le Marché du film et la compétition et le palmarès sous forme numérique. Et cela pas au détriment, mais au service du cinéma, de l’industrie et des cinéphiles dans le monde entier.
Rfi

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