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Le Groupe des sept syndicats d’enseignants les plus représentatifs au Sénégal a organisé hier une marche nationale à Thiès pour, dit-il, «apporter une réponse au mutisme de l’Etat face à nos problèmes». Une mobilisation collective exceptionnelle de milliers d’enseignants déterminés à aller jusqu’au bout de la lutte pour pousser à «respecter» les accords.

De nombreux enseignants venus de toutes les régions du pays, membres des sept syndicats d’enseignants les plus représentatifs, ont effectué le déplacement à Thiès pour les besoins d’une marche nationale. A travers une très forte mobilisation, ils ont arboré des brassards rouges, porté en majorité des tee-shirts de la même couleur, brandissant des pancartes avec des slogans, entre autres moyens de lutte. Une marche pour exiger du gouvernement le respect des accords déjà signés.
Les points saillants des revendications tournent principalement autour de la revalorisation de la fonction enseignante, l’application des accords de 2014 et les indemnités de logement. En présence de l’ancien Secrétaire général du Saems-Cusems, Mamadou Lamine Dianté, les secrétaires généraux de syndicats, qui ont pris part à la marche, à savoir Abdoulaye Ndoye du Cusems, Souleymane Diallo et Abdou Faty du Sels authentique, Awa Wade de l’Uden, Sawrou Sène du Saems, sont revenus, entre autres points, sur le paiement de tous les rappels, l’avancement intégral, le reclassement, la régularisation des enseignants non encore fonctionnaires. D’emblée le Secrétaire général du Cusems a laissé entendre : «Il y a ici à Thiès, à peu près un demi siècle, les cheminots se sont battus à cause des traitements illégaux des agents des chemins de fer. Le Cusems veut être les dignes héritiers de ces grévistes cheminots qui ont mené un combat héroïque.» Et Abdoulaye Ndoye de poursuivre : «Cette marche montre encore une fois la détermination et l’engagement des enseignants à faire aboutir leurs revendications. Nous exigeons du gouvernement la matérialisation de l’accord sur l’alignement de l’indemnité de logement qui est une revendication essentielle qui pose un problème d’équité et de justice sociale.» «La proposition du Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dionne montre encore une fois que ce gouvernement n’a pas d’ambition ni de volonté politique encore  moins un programme pour l’école sénégalaise.» Ainsi M. Ndoye lance un appel au président de la République, Macky Sall : «S’il veut sauver l’école sénégalaise, il peut le faire au­jourd’hui en respectant les ac­cords.» Car, dira-t-il, «on ne peut pas avoir un gouvernement émergent, un pays développé si on a des enseignants démotivés, démoralisés, disqualifiés et un système éducatif en lambeaux», crache-t-il. Le syndicaliste d’insister : «Encore une fois nous demandons au gouvernement, pour l’intérêt supérieur de la Nation et pour permettre aux élèves et aux enseignants de retourner dans les salles de classe, de comprendre qu’aujourd’hui la question la plus cruciale, c’est la question de l’école.» A ce titre, Abdoulaye Ndoye interpelle tous les acteurs politiques «pour qu’ils nous disent quel est leur programme pour l’école».

Appel aux parents d’élèves
Aux acteurs du système éducatif, il demandera de se «prononcer sur cette crise parce que quand l’école est bloquée, tout est bloqué». Revenant sur l’affaire Hann Bel Air lors de la visite du Président français, Emmanuel Macron, le Secré­taire général du Cusems dit aux parents d’élèves : «Le monde nous a donné raison. En voulant ma­quiller la réalité, un jeune apprenant a rétabli la réalité des faits. C’est l’image du Sénégal qui est écornée et ternie. C’est pourquoi nous demandons à ce que la lumière soit faite sur cette question parce qu’on ne peut pas sanctionner les élèves-maîtres quand il y a eu des cas de fraudes, et des personnes à l’origine  des fuites du baccalauréat de la session 2017 et laisser ceux qui ont terni l’image du système éducatif. On doit les sanctionner. Ils doivent avoir l’honnêteté et le courage de rendre le tablier.»
Cette grande mobilisation des syndicats d’enseignants a démarré devant les locaux de l’Inspection d’académie de Thiès, sur l’avenue du Caen. Les marcheurs ont ensuite, sur plus d’un km, arpenté d’autres avenues de la Cité du Rail, comme Léopold Sédar Senghor, Lat-Dior, Félix Houphouët Boigny, en passant devant la gouvernance et la préfecture, avant de se retrouver à la mythique «Promenade des Thiessois», où les responsables syndicaux se sont adressés aux nombreux enseignants. Aussi ont-ils remis un mémorandum au gouverneur de la région, Amadou Sy.
Résolus à mener la lutte jusqu’au bout de leur logique, ces syndicats d’enseignants, à travers un deuxième plan d’action, vont se retrouver à Dakar dès la semaine prochaine, dans une seule et même structure, un cadre intersyndical. Une nouvelle structure mise en place pour mener la lutte ensemble.
nfniang@lequotidien.sn 

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