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Les commerçants des marchés Eglise de l’Unité 17 et Dior de l’Unité 20 des Parcelles Assainies connaissent bien les recommandations contre la propagation du coronavirus. Cependant les mesures d’hygiène sont à peine appliquées même si le dispositif est bien là.

Marché Eglise de l’Unité 17 des Parcelles Assainies, les cantines et autres étals de marchandises sont bien approvisionnés et attirent même l’attention des clients. Les vendeurs s’affairent autour dans leurs articles. Cependant ce n’est pas encore le rush devant les cantines à 9 heures de la journée. Le coronavirus, objet de toutes les discussions, est passé par là. La peur commencerait à gagner du terrain. Ici les mesures d’hygiène recommandées par les autorités sanitaires sont plus ou moins respectées par les vendeurs. Ousseynou Cissé affirme les appliquer à la lettre, même si rien ne prouve ses propos. L’homme n’a ni masque ni de gants. «Je me lave les mains avec du savon et j’évite les clients qui toussent ou éternuent. Ma santé passe avant tout», dit-il, tenancier d’une cantine de condiments à l’entrée du marché. A l’intérieur, Moha­mmed Diallo, vendeur de poisson fumé, a noté plus de propreté chez les vendeurs depuis l’arrivée de la maladie au Sénégal. «On est obligé d’être plus propre, de proposer des produits propres et de ne pas tousser ni éternuer devant la marchandise encore moins les clients. Sans compter le lavage régulier des mains, le port de masque et de gants», révéla le commerçant. Devant son étal, Ndèye Fatou Thior propose des huitres et des crevettes séchées, des produits halieutiques transformés. La sénégalaise bon teint, la trentaine révolue, n’a pris aucune disposition hygiénique. «Depuis l’arrivée du corona, je me débarrasse de mes habits, je lave les mains, le visage et les pieds avec du savon et beaucoup de javel avant de rentrer chez moi. Aussi, j’utile un masque mais là je commence à suffoquer et je l’ai enlevé», déclare-t-elle. Mère Yama, vendeuse de légumes, ne pense aux mesures d’hygiène qu’aux heures de prière et de manger. «C’est une fois chez moi que je respecte les consignes sanitaires», fait-elle savoir. Comment vivez-vous le coronavirus, Anta Camara, bouchère de son Etat, préfère passer à l’action. Elle range coupe-coupe et couteau, sort une solution faite de javel et de de détergent en poudre. «Je me lave toutes les 10 minutes avec cette solution. Vous avez vu mes gants et mon masque, je les renouvelle tous les deux jours. Moi je ne badine plus avec cette maladie qu’on nous a importée», indique Anta.
Le décor et les comportements sont pareils au marché Dior sis à l’Unité 20 des Parcelles Assai­nies.
«Voici mon gel antiseptique, mon lave-main que j’utilise chaque fois que je reçois de l’argent ou qu’un client me donne quelque chose. D’ailleurs, je les tiens à distance grâce à ce barrage. Depuis quelques jours, aucun client n’entre dans la cantine», tonne Fatima, marchande de tissus, bijoux et divers produits de beauté.

Baisse du chiffre d’affaires des commerçants
Les clients désertent petit-à-petit les marchés à cause du coronavirus. Cela occasionne une baisse du chiffre d’affaires des commerçants. «Les gens ne consomment presque plus de la viande. Je n’écoule que le quart de ce que je vendais avant le corona. Vivement que cette maladie disparaisse», clame Anta Camara, l’unique bouchère au marché Eglise de l’Unité 17. «Nous sommes tous des vendeurs, mais vu qu’il n’y a plus de clients et ce depuis la matinée, on se retrouve pour discuter justement du coronavirus. La fréquentation du marché baisse de jour en jour. Si on recevait 10 clients par jour, depuis quelques jours, le nombre de clients varie entre trois et quatre. Les gens n’osent plus sortir. Et quand ils viennent, c’est pour aller chez les vendeurs de nourriture. Nous autres vendeurs d’habits et d’objets, c’est vraiment un manque à gagner», déplore Ibrahima Sall, vendeur de téléphones portables au marché Dior.
ksonko@lequotidien.sn

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