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4 ans après l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, 2 journalistes français tués à Kidal, au Nord Mali, leurs amis continuent à leur rendre hommage. Cette année, ces derniers ont tenu une conférence à la case foyer du Cesti. Une occasion pour ces amis, parents et confrères de se rappeler les circonstances de la disparition des deux journalistes. Mme Marie- Christine Saragosse, Pdg France-Media-Monde, s’est confiée au journal Le Quotidien.

Justice n’est pas encore faite, 4 ans après la disparition de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Comment appréciez-vous cette situation ?
La justice suit son court mais le problème de la justice est que le temps des preuves n’est pas celui de l’émotion. C’est le temps qui nous semble long quand on est émotionnellement malheureux et frappé par la douleur, en particulier les familles qui voudraient savoir ce qui s’est passé, c’est insupportable pour elles. Mais la justice suit son cours. Des auditions, des expertises sur les ordinateurs, des enquêtes complémentaires au moment des faits sont en train d’être faites.

Selon vous cette lenteur est due à quoi ?
La difficulté qui se pose pour la justice, c’est que Kidal est une zone de guerre. C’est très difficile pour les magistrats, les enquêteurs de s’y rendre. Et puis des coupables ont été identifiés, malheureusement certains ont été tués dans les affrontements qui ont eu lieu dans la zone et pour mettre la main sur les autres, ce n’est pas aussi simple. C’est ce qui fait qu’on n’arrive pas avoir le fameux de ce qui s’est passé.

Qu’est-ce qui justifie votre présence à Dakar ?
Si je suis ici c’est pour la mémoire vive, positive pour faire de la mémoire quelque chose de fécond pour les générations futures parce que ces 2 reporters n’étaient pas n’importe qui, c’étaient des gens qui avaient l’Afrique au cœur, qui avaient la transmission du savoir et l’exigence de l’information au cœur. Et ça nous semble important d’initier formellement une bourse qui porte leur nom. On a aujourd’hui dix jeunes journalistes, dix jeunes techniciens sénégalais qui sont en formation et le meilleur journaliste et le meilleur technicien vont avoir une bourse pour aller à Paris, pendant un mois, bénéficier d’une  formation à sciences Po, une école de journalisme, et à l’Ina (Ndlr : Institut national de l’audiovisuel de France) pour le technicien. Du coup, on aura 80 journalistes et techniciens  en 4 ans, qui vont porter le flambeau et faire en sorte qu’on n’oublie jamais Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Quelle est aujourd’hui la situation de Rfi dans le monde ?
Radio France internationale est diffusée partout dans le monde en 14 langues dont plusieurs langues africaines : le swahili, le haoussa, le mandingue et la méthode d’apprentissage du français à partir des langues africaines comme le wolof. Rfi est très bien écoutée au Sénégal. Elle fait partie du top 5 des radios les plus écoutées. Mais aussi, sur les  15 ans et plus, elle la particularité d’être écoutée longtemps. Les gens peuvent passer une heure et demie à écouter Rfi. Ceci est le signe de la qualité de ses programmes. Mais en espagnol, par exemple, Rfi diffuse sur toute l’Amérique latine, le portugais au Brésil, elle est aussi dans le top 5 des radios cambodgiennes, en Roumanie, elle est la radio favorite des cadres dirigeants romains. Rfi est une belle radio internationale qui continue malgré son âge respectable à conquérir des nouveaux auditeurs, notamment dans le numérique.
Quant à sa sœur, France24, elle fonctionne très bien et défend le même idéal d’information, c’est-à-dire l’information dans le respect de : l’équité, l’équilibre, d’expertise et d’égalité, de lutte contre les fausses informations.

Au Sénégal, Rfi est concurrencée par des ra­dios locales. Avez-vous des palliatifs par rapport à ça ?
Oui ! Ça nous nous en félicitions. On n’aimerait pas être la seule radio  parce que nous incarnons la démocratie et le pluralisme. Il y a un bon paysage audiovisuel, il y a des journalistes professionnels, il y a le pluralisme et c’est le sens d’une démocratie. En tout cas on est très content. Et c’est très positif tout cela.

Quelles sont aujourd’hui vos perspectives ?
On se développe beaucoup sur le numérique. On fait en sorte d’être un outil de la Fran­cophonie parce qu’on sait que c’est une belle famille qui est inventée par Senghor donc dans ce pays-là, ça a tout son sens. Nous, avec Rfi et France 24, nous sommes ce fer de lance dans cette famille francophone. Il me semble que nous devons être très attentifs sur ces langues qui sont parlées par beaucoup de gens. Il est important de se comprendre entre le français et les autres langues. Pour moi c’est un enjeu et puis la transformation numérique est de continuer à défendre mondialement certaines idées de l’information, à lutter contre les fausses nouvelles.

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