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Dénonçant le traitement dont ils sont victimes dans le cadre de la procédure de demande de titres de séjour au Maroc, les migrants originaires de l’Afrique subsaharienne ont écrit au Conseil national des droits de l’Homme de ce pays. Dans le courrier, ils dénoncent l’irrespect dont font montre les agents du centre Hay Hassani à leur égard.

«Une condescendance et un mauvais traitement.» C’est ce que dénoncent les étrangers originaires d’Afrique subsaharienne au Centre d’enregistrement et de dépôt des cartes de séjour de Hay Hassani au Maroc. Les victimes de cette situation ont adressé une lettre au Conseil national de droits de l’Homme du Maroc. Dans cette lettre, l’on y déplore «un irrespect et une appropriation de ce service de séjour par les deux nouveaux agents» qui ont changé la procédure. «Ils ont débuté avec une règle de 30 personnes par demi-journée. La semaine suivante (à partir du jeudi 16 février 2017), ils ont baissé le nombre à 25, puis à 22 demandes par demi-journée. Après cela, ils ont dit que c’était aux intéressés de former leurs listes», a-t-on expliqué. Selon les auteurs de cette lettre, avec ces changements, «des hommes et femmes de tout âge s’y rendaient avant l’aube pour pouvoir faire partie des listes en bravant le froid et en attendant l’ouverture du centre un peu après 8h». Déjà que cette situation était jugée difficile, les étrangers désirant cette carte de séjour pour être en règle devront désormais prendre rendez-vous. «Des travailleurs demandent des journées bloquées et du fait de ces changements sans cesse de l’accès au dépôt, ils ne réussissent pas à déposer ; ce qui provoque des risques de conflits avec leurs employeurs. On a appris que la dernière formule qu’ils ont trouvée, c’est de donner rendez-vous aux demandeurs, 15 jours après la date de leur présentation, sachant que la carte expire 15 jours après la date d’expiration portée dessus. Autrement dit, ils les poussent à l’irrégularité pour leur opposer la nécessité du procès-verbal (formalité se passant que les lundis) avant de pouvoir déposer», a-t-on fustigé dans le document. Et les auteurs de ce courrier adressé au Conseil national des droits de l’Homme du Maroc de s’interroger : «Monsieur, toutes ces mesures sans forme administrative adéquate et continuellement changeantes ne reflètent-elles pas simplement une discrimination procédurale ou l’abus sur des étrangers ?»
Outre le changement fréquent de la procédure, il est également dénoncé les conditions dans lesquelles les personnes désirant ce sésame sont mises. Dans la lettre, l’on explique que les gens sont parqués dans un petit espace «sans banc de fortune, sans chaise». «Cela fait pitié à voir, soit on reste debout ou on s’assoit à même le sol. L’appel des numéros se fait via la fenêtre. L’agent ouvre la fenêtre appelle tel ou tel numéro, puis la referme. Le demandeur dont on a appelé le numéro va enfin se soulager en faisant le tour pour entrer dans le bureau des dépôts et s’asseoir le temps du traitement de son cas. On dirait qu’ils évitent le plus, tout contact avec les demandeurs de séjour», a-t-on dit.

Saisine du Conseil national des droits de l’Homme
Dans la même veine, les auteurs de cette lettre déplorent aussi la condescendance dont sont victimes les demandeurs de titres de séjour dans ce centre. «En effet, combien de fois un demandeur se voit dire ‘’si tu ne sors pas, je ne vais pas prendre ton dossier’’ ou ‘’tais-toi ou j’appelle le policier en uniforme’’. Et souvent, ces incompréhensions naissent d’une simple demande d’explications, mais même cela nous est refusé, ou on nous oppose un tutoiement frisant l’insolence», a-t-on encore dénoncé. D’ailleurs d’après eux, «beaucoup ont de l’appréhension pour se rendre au Centre d’enregistrement de Hay Hassani». «On peut offrir un séjour, mais la dignité humaine est sacrée et nous croyons en ce principe jusque-là presque universel», a-t-on rappelé.
dkane@lequotidien.sn

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