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Malgré les efforts fournis par l’Etat dans l’éducation et la formation, d’importants défis sont encore à relever. C’est le constat qu’a fait hier le ministre de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat, lors de l’atelier de validation de la lettre de politique générale qui a réuni son ministère et ceux de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la recherche, de l’innovation et de l’Economie, des finances et du plan.

Malgré des acquis en matière d’éducation et de formation, le Sénégal enregistre encore quelques contre-performances et fait face à des faiblesses qui compromettent l’évolution de son système. L’accroissement du taux des abandons précoces (le fort taux d’enfants exclus du système), le manque d’attractivité des disciplines et filières scientifiques dans le moyen et secondaire, le taux élevé d’analphabétisme de la population jeune et adulte, la faible prise en charge de la cible apprentissage des daaras, l’inadéquation entre l’offre et la demande, le problème d’inefficience et d’inefficacité dans la gouvernance, l’instabilité chronique du système du fait des perturbations et grèves fréquentes et cycliques sont entre autres les problèmes qui étouffent le système.
Pour éradiquer tous ces problèmes, les ministres de l’Enseignement supérieur, de la recherche, de l’innovation (Mesri), de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat et de l’Education nationale ont consigné dans la lettre de politique générale des secteurs de l’éducation et de la formation qu’ils ont validée hier les défis majeurs qui les attendent d’ici 2030. Lesquels consistent  justement à éradiquer ou réduire l’analphabétisme et asseoir l’adéquation et l’adoption des offres de formation à la demande de notre économie, l’efficacité interne et externe du système éducatif, l’orientation des 30% des sortants de cycle fondamental vers la formation professionnelle et technique, l’apaisement de l’environnement social scolaire et universitaire.
Ministre de la Formation professionnelle et président du Groupe national partenaire de l’éducation et de la formation, Mamadou Talla a souligné l’importance de renforcer les capacités organisationnelles et institutionnelles en s’inscrivant dans la gestion axée sur les résultats pour améliorer l’efficacité et l’efficience des dépenses publiques de l’éducation et de la formation à travers une allocation plus équitable, plus rationnelle de l’utilisation des fonds. Serigne Mbaye Thiam a, pour sa part, noté qu’un accent particulier doit être mis sur la résorption des disparités de toute sorte, à l’amélioration de la qualité des enseignements, sur l’enseignement des sciences et technologies, des langues nationales, la modernisation des daaras, la formation des enseignants et la promotion d’un environnement éducatif stable et la prise en charge des enfants jeunes et hors du système et en risque d’exclusion.

L’incompréhension du Mesri
Avec un budget global tournant autour de 715 milliards de F Cfa en 2018, qui devrait atteindre 2 258 milliards F Cfa en 2030, ces différents ministères entendent relever les défis qui les attendent. Mais du côté de l’Enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche, ce budget pose justement un problème. Mary Teuw Niane a en effet fait part de ses inquiétudes par rapport au budget de fonctionnement qui lui sera alloué. Dans le document, il est clairement indiqué que son ministère aura 30,2% de dépenses de fonctionnement en 2018 ; 20,1% en 2019 ; 18,4% en 2020 ; 17,2% en 2021 et 16,2% en 2022. Une baisse drastique en 5 ans en valeur relative. Ce qu’il juge «inadmissible». Et pourtant, si l’on se fie au même document, le ministère de l’Enseignement supérieur, qui est à 195,7 milliards de F Cfa en 2018, aura 252 milliards de F Cfa en 2019, 255 milliards de F Cfa en 2020 et 233,6 milliards F Cfa en 2021 et 238,1 milliards de F Cfa en 2022.
Des incohérences que le coordonnateur général de la direction générale de la Planification et des politiques économiques au niveau du ministre de l’Economie, des finances et du plan, Mayacine Camara, a identifiées comme problème de calcul. «Il peut y avoir une baisse relative, mais en termes de valeur absolue, aucun budget n’a baissé. La baisse relative, c’est un problème de calcul. Quand les autres augmentent plus vite que n’augmente la proportion qui vous est réservée, vous risquez d’avoir une baisse relative, mais le budget a augmenté», a-t-il expliqué. En tout cas, M. Camara recommande, face à l’incohérence de statistiques notées, un dispositif qui centralise l’ensemble des infos ayant trait à la formation, l’éducation et l’alphabétisation. «Nous avons besoin d’avoir un dispositif unifié qui nous permette, de l’enseignement primaire jusqu’à l’université, d’avoir le même profil de collecte d’infos et de collecte pour avoir les mêmes indicateurs et cibler nos objectifs. Avec cela, nous pouvons bâtir des politiques publiques beaucoup plus robustes…», a-t-il indiqué.
aly@lequotidien.sn

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