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Le massacre au Mali ayant coûté la vie à au moins 160 personnes a une dimension sous-régionale. C’est l’alerte lancée par l’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme dans ce pays. Dans une déclaration, Alioune Tine a appelé l’Union Africaine et la Cedeao à organiser un sommet sur la situation au Mali afin de prévenir les risques de commission de crimes contre l’humanité.

Les événements qui se déroulent au Mali ont une dimension sous-régionale. C’est ce qu’a souligné Alioune Tine, expert indépendant, sur la situation des droits de l’Homme au Mali. Dans une déclaration, M. Tine, qui dénonce ce massacre ayant fait au moins 160 morts dans la région de Mopti au Mali, soutient que ces «massacres interviennent dans le contexte des violences sur fond des tensions communautaires». Attirant l’attention sur les risques de commission de crimes contre l’humanité, l’expert indépendant alerte «sur l’urgence de s’y attaquer fermement» pour les prévenir. Dans cette dynamique, Alioune Tine appelle «l’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à organiser un sommet sur la situation au Mali». Dans son document, l’expert indépendant des Nations unies a souligné sa préoccupation concernant «la création de groupes armés dits ‘’d’autodéfense’’ communautaires dans la région de Mopti». Analysant la situation, l’ancien président de la Raddho informe que «l’installation progressive des groupes armés et des groupes violents extrémistes dans ces localités depuis 2015, la déstructuration des systèmes traditionnels de résolution de conflits, et le retrait de l’Etat malien ont entraîné la dégradation de la situation sécuritaire, et des droits de l’Homme, dans la région». De même, il soutient que «les amalgames et stigmatisations entre les deux communautés constituent un phénomène inquiétant». Partant de ce constat, M. Tine déclare que «les membres de la communauté peule sont abusivement assimilés aux groupes extrémistes violents, ou tout du moins complices, alors que ceux de la communauté dogon sont assimilés aux dozos (chasseurs traditionnels) à la solde de l’Etat». Poursuivant ses explications, l’ex-Secrétaire général d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre renseigne que «ces confréries de chasseurs traditionnels (dozos) se sont graduellement tournées vers des activités d’autodéfense communautaire et ont conduit de plus en plus d’attaques ciblées contre la communauté peule dans la région de Mopti au Centre du Mali».

«Diligenter des enquêtes approfondies, promptes et impartiales…»
Soutenant que la situation qui prévaut dans ce pays exige «la protection de la vie et de l’intégrité physique des civils», l’expert indépendant appelle «toutes les forces de sécurité sur le terrain, les Forces armées maliennes et la Minusma à renforcer leurs actions en matière de protection des populations civiles». Aux autorités maliennes, M. Tine leur demande «de diligenter des enquêtes approfondies, promptes et impartiales sur les cas de violations et abus des droits de l’Homme qui auraient été commis et de traduire en justice les auteurs présumés». Sur ce point, Alioune Tine informe que «depuis janvier 2019, au moins 18 cas de violations des droits de l’Homme imputables à des groupes d’autodéfense ayant entraîné la mort d’au moins 70 personnes ont été recensés dans l’unique zone du cercle de Bankass, localité située dans la région de Mopti».
dkane@lequotidien.sn

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