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Le volet infrastructures occupe une place centrale dans la politique sportive du gouvernement. Un dossier que le ministre Matar Ba, conscient de son importance, porte en bandoulière depuis son arrivée au Département des sports. Le Quotidien fait avec lui un tour de terrain. Etat des lieux.

L’actualité, c’est l’annonce du déguerpissement du parking du stade Léopold Sédar Sen­ghor. Pourquoi maintenant ?
D’abord, avant de répondre à cette première question, il faut dire que Léopold Senghor ne doit pas souffrir de cet encombrement parce que c’est un stade qui nous permet d’accueillir les compétitions internationales. Et qui parle d’organisation de compétitions internationales, parle de sécurité, surtout des équipes qui viennent et des Sénégalais. Et vu cet encombrement-là, ça pose problème parce que cela peut influer négativement par rapport aux dispositions mises en place pour pouvoir accueillir une compétition internationale. Pour répondre à votre question à savoir pourquoi cette décision est prise maintenant, je dois rappeler que ce n’est pas la première fois. Je me rappelle en 2015, il y a eu un déguerpissement. Mais après les déguerpis sont revenus pour continuer à s’installer dans l’emprise du stade. Cette fois-ci, nous avons tous vu ce qui se passe tout autour, avec les mécaniciens, les cars Ndiaga-Ndiaye, le garage des Maliens et autres cantines qui entourent le stade et qui donnent une mauvaise image à cette infrastructure qui est la seule pour le moment au Sénégal. Il y a lieu maintenant de voir les dispositions à prendre. Et pour cela, il faut engager le déguerpissement de ces occupants.

Donc, cela va concerner tout le monde…
Bien évidemment ! On va déguerpir tout le monde. Tous les occupants du parking du stade Senghor seront déguerpis. Il faut nettoyer l’emprise du stade comme on l’a fait en 2015. Et cela, c’est l’affaire du préfet, de la direction du stade. Nous sommes là pour accompagner cette initiative. C’est un désordre que les occupants ont imposé aux autorités et ces dernières sont obligées de prendre leurs responsabilités pour permettre au stade Léopold Senghor de pouvoir remplir toutes les normes sécuritaires afin d’organiser certaines rencontres internationales. Mais ce qu’il faut comprendre aussi, est que la nature ayant horreur du vide, j’ai donné des instructions à la direction du stade et la Direction des infrastructures pour après occuper les lieux en installant de petits terrains de foot, des panneaux de basket, des camps de handball…Du coup, il faudrait aller vers certaines sociétés pour nous accompagner dans ce projet. Même si c’est à l’effigie de certaines entreprises. De fait que tous les jeunes des alentours pourront venir faire des activités sportives. Que ça soit le basket, le handball, le volleyball…

Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que ce déguerpissement se fasse avant le match retour Sénégal-Afrique du Sud du 14 novembre prochain ?
Je crois qu’à ce niveau, le préfet est en train de s’organiser avec les autorités concernées. Je pense que cela va se faire très bientôt. Je ne veux pas vous donner de date parce que nous sommes dans un pays où il faut prendre toutes les dispositions. Déjà, les sommations ont été données. A partir là, les actions de déguerpissement ne devraient pas tarder.

Restons au stade Léopold Senghor. A quand le début des travaux de réhabilitation ?
A ce niveau, il faut savoir ce qu’on a envie de faire. Par rapport à la première mission de nos amis chinois, le stade Léopold Senghor ne faisait pas partie du projet de réhabilitation. C’était surtout les onze stades régionaux. Après la tournée de cette mission avec nos services, on a vu qu’il n’y avait que trois stades qui étaient dans un état de délabrement très avancé : Lamine Guèye de Kaolack, Ely Manel Fall de Diourbel et il fallait aussi accompagner Ziguinchor. Mais puisque nous avions des critiques qui venaient par-ci, par -à, des alertes venant de la presse, et aussi de Laye Diaw (journaliste à la Rfm) qui parle toujours des vestiaires qu’il fallait changer de position, j’ai alors fait une requête à nos amis chinois pour reprendre Léopold Senghor. Ils l’ont acceptée et sont en train de faire des études. Après nous allons partager toutes les informations et les deux Etats vont y travailler pour en arriver aux travaux de réhabilitation. Mais tout cela est assujetti à la finition des travaux du stade Lat Dior de Thiès pour que le Sénégal ne se retrouve pas dans une situation qui nous pousse à aller organiser nos matchs internationaux à l’étranger.

Est-ce que les travaux vont concerner la pelouse, les gradins, les projecteurs entre autres ?
Même si ce n’était pas dans le programme chinois, nous avons envisagé, si on a le temps, d’enlever la pelouse et de mettre une autre variété qui va rester quatre ou six mois pour pousser. La direction du stade a beaucoup de difficultés parce que la variété qui est là-bas est très fragile et ça demande beaucoup d’eau. Mais il fallait qu’on prenne cette variété parce que quand j’ai été nommé en 2014, au mois de juillet, juste deux mois après, c’était le 5 septembre, on devait recevoir l’Egypte. On ne pouvait pas se permettre de prendre une variété de gazon qui prendrait cinq mois pour pousser. Quand on l’a fait, puisqu’il n’y avait pas d’alternative, il fallait entretenir ce gazon-là et continuer à jouer au Sénégal. Maintenant je pense qu’avec la reprise de Léopold Senghor, on pourra changer les vestiaires et prendre toutes les dispositions pour changer la variété et faire des modifications qui nous permettront d’avoir une infrastructure de dernière génération et faire de Léopold Senghor un stade moderne.

A quand le démarrage des travaux ?
C’est prématuré d’avancer une date parce qu’il y a beaucoup d’éléments qu’il faut maitriser d’abord.

Où est-ce que vous en êtes avec l’ouverture du stade Demba Diop ?
Il y a des choses qui doivent être faites à Demba Diop pour pouvoir le mettre encore à la disposition des sportifs. Nous avons des cabinets et nous sommes en train de travailler en respectant les textes des marchés publics pour permettre à ces experts-là de tester la solidité des tribunes. Je pense que si on règle les premières recommandations, on pourra rouvrir Demba Diop, tout en continuant le travail d’embellissement, de sécurité… Cela nous évitera de le fermer pendant plusieurs mois.

Peut-on avoir une idée des recommandations de la Protection civile ?
La Protection civile dit que derrière le stade et surtout à l’extérieur, il y a beaucoup de cantines. Ce qui fait quand il y a un problème, les gens ne seront pas rapidement évacués. Il y a un problème d’évacuation. Ils ont également parlé de la tribune découverte parce qu’il y a des trous et il faut les renforcer. Le rapport nous permet, avec les experts qui iront tester toutes les tribunes, de savoir si c’est solide ou pas. Mais on ne peut pas faire fi des recommandations de la Protection Civile. Certains pensent qu’il n’y a pas de problème parce que c’est un seul mur qui est tombé, mais nous, notre responsabilité ne nous permet pas d’ouvrir Demba Diop présentement. Il faut mettre des experts qui vont faire des tests et nous donner des recommandations.

Finalement, Demba Diop c’est un dossier sérieux…
Effectivement, c’est un dossier sérieux. Cela fait partie des dossiers les plus difficiles à gérer. Parce que c’est par rapport à la position de Demba Diop niché en plein cœur du département de Dakar et où il y a beaucoup plus de groupements et d’associations sportifs. Y a aussi la lutte. Tout cela pose problème. Mais nous sommes là aussi pour faire face à ces difficultés-là et trouver des solutions comme on l’avait fait avec Léopold Senghor à ma prise de fonction. Quand j’arrivais en 2014, personne n’avait cru qu’on pouvait recevoir l’Egypte au stade Senghor. Mais on a fait face.

Que va devenir le stadium Marius Ndiaye par rapport au projet de réfection de Demba Diop ?
Marius Ndiaye représente une histoire du basket sénégalais. Quand le Palais des Sports de Diamniadio sera fonctionnel, il faudrait s’engager à trouver un financement pour rénover totalement Marius Ndiaye. Parce qu’une seule salle de basket ne suffit pas pour la région de Dakar.

Justement, vous avez évoqué le cas du Palais des Sports. Est-ce qu’il sera disponible avant les éliminatoires du Mondial 2019 prévus en juin prochain ?
Les travaux ont débuté. On ne parle plus de plateforme, mais de véritable chantier. Les gens travaillent jour et nuit pour gagner du temps. Je crois que dans moins d’un an, le Palais des Sports sera disponible. Par contre, je ne peux pas dire si on va jouer là-bas en juin prochain. Ce qui est sûr, c’est que le plus difficile est fait. C’est d’avoir la décision politique et engager totalement les travaux. C’est comme l’Arène nationale, on parle de dix mois pour remettre les clés. On espère qu’avant la fin de l’année 2018, on ne parlera plus du Palais des Sports.

Parlons du stade Lat Dior de Thiès. A quand l’ouverture ?
Vous savez, même si on voulait aller doucement, on est obligé d’aller vite. Si on programme de fermer Léopold Senghor, on est obligé d’aller très vite pour Lat Dior. Il y a un document administratif des travaux complémentaires qu’il faut régler au niveau des Finances. Mais l’entrepreneur ne s’est pas arrêté là. On est en train de tester le gazon. Et je pense que cela commence à pousser. On veut que d’ici le mois de juillet prochain, qu’on en finisse et qu’on parle d’autres choses. Ça commence à durer. Certains pensent que c’est de la politique politicienne. C’est surtout un besoin des sportifs qu’il faut satisfaire.

Descendons dans l’arène pour parler de lutte. Où en est l’option de lutter au stade Senghor ?
D’abord, il faut se féliciter du travail de l’Etat. Ce n’est pas parce que je suis un ministre des Sports que je le dis. Nous pouvions nous limiter simplement à dire que Demba Diop est fermé et baisser les bras suite à notre visite de chantier avec le ministre de l’Intérieur, que je remercie au passage. C’est à l’issue d’une rencontre avec Pape Abdou Fall, président des promoteurs, et le Dr Alioune Sarr que le choix du stade Senghor a été pris. Mais à une seule condition, à savoir attendre à la fin de notre match du 14 novembre contre l’Afrique du Sud. Après cela, on pourra voir comment faciliter la tâche aux promoteurs pour que ces combats puissent être organisés.

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