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Amnesty international et les organisations de défense des droits humains invitent les candidats à l’élection présidentielle mauritanienne du 22 juin à signer le manifeste qui fait des droits humains une priorité. Dénonçant les multiples abus et atteintes aux droits humains, les Ong pensent qu’en signant ce document, le prochain Président s’engage à mettre des dispositions pour permettre à la justice de faire librement son travail.

«Il est possible pour le prochain Président de Mauritanie de construire un pays où la dignité et les droits humains soint respectés et promus pour tous» : c’est la conviction de Mamadou Sarr, président du Forum des organisations nationales de droits hu­mains (Fonadh). Et c’est pour cette raison qu’Amnesty international et les Ong de défense des droits humains mauritaniennes appellent les candidats à l’élection présidentielle du 22 juin en Mauritanie à s’engager publiquement à signer le manifeste qui fait des droits humains une priorité.
Un manifeste qui contient 12 engagements et qui prône déjà la garantie, la concrétisation et la jouissance totale des droits économiques, sociaux et culturels pour tous. Le manifeste propose des consultations approfondies entre le nouveau Président et les populations locales sur la propriété foncière. Le document aborde aussi les questions liées aux pratiques discriminatoires et recommande un allègement des procédures d’état-civil, libres et exemptes de toute discrimination fondée sur l’origine ethnique. Il promet en outre «l’abrogation des lois qui érigent en infraction les activités liées à l’exercice du droit à la liberté d’expression, y compris les dispositions relatives à la diffamation, à l’apostasie et à la diffusion de fausses informations», lit-on dans le communiqué.
Des mesures qui ont toutes leur sens quand on sait la situation précaire des droits humains en Mauritanie. Depuis «la réélection du Président Moha­med Ould Abdel Aziz en juin 2014 et mai 2019, les organisations de défense des droits humains ont recueilli des informations sur plus de 44 associations œuvrant à la promotion et à la protection des droits hu­mains qui n’ont jamais été autorisées à mener leurs activités», informe Amnesty international.
Aussi, ajoute l’Ong internationale, plus de «174 défenseurs des droits humains ont été arrêtés arbitrairement et 17 d’entre eux au moins ont été torturés et soumis à d’autres mauvais traitements».
«Les droits de l’hommistes» estiment que le prochain Président ne peut ignorer ces «graves problèmes» liés aux droits humains. Et d’après Kiné Fatim Diop, chargée de campagne pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international, «le futur Président doit s’efforcer de faire en sorte que les Mauritaniens dont les droits sont bafoués depuis si longtemps obtiennent justice et bénéficient de recours efficaces», estime-t-elle.
En signant le manifeste, les candidats promettent de faire en sorte que, s’ils sont élus, «leur gouvernement débloque des ressources suffisantes pour permettre à la police et à la justice d’identifier et de poursuivre les auteurs présumés d’actes d’exploitation». Ils s’engagent à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire en faisant réviser la Constitution de sorte que le président de la République ne soit plus à la tête du Conseil supérieur de la magistrature.

Des milliers de personnes esclaves et des Négro-Mauritaniens discriminés
Concernant la situation des esclaves, Amnesty international annonce qu’il y a encore des «milliers de personnes esclaves, et les Négro-Mauritaniens et les Harratines discriminés de multiples manières, y compris aux plans de l’accès à la justice et de l’enregistrement à l’état civil». «Et malgré les nombreuses plaintes déposées auprès des tribunaux compétents pour connaître des affaires d’esclavage et de la police, la justice traîne les pieds. La pratique consiste à faire attendre délibérément les victimes pendant une longue période afin de les décourager», fait remarquer les Ong.
Les organisations de défenses des droits humains annoncent que «24 nouvelles affaires attendent d’être transmises aux tribunaux». Et depuis 2016, regrettent-elles, «seules deux personnes ont été condamnées par les tribunaux du pays compétents pour des affaires d’esclavage, alors que ces juridictions avaient été saisies de 47 dossiers dans lesquels 53 suspects étaient impliqués».
Le 22 juin prochain, les Mauritaniens éliront leur Président pour les cinq prochaines années. La campagne présidentielle débutera le 7 juin. La Cour constitutionnelle a publié une liste provisoire de six candidats : Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed (Ould El Ghazouani), candidat du parti au pouvoir, Sidi Mohamed Ould Boubacar, candidat du Rassem­blement national pour la réforme et le développement, Biram Dah Abeid, militant des droits humains, Mohamed Ould Mou­loud, Kane Hamidou Baba et Mohamed Lemine al Mourtaji al Wafi, candidats de la coalition d’opposition.
ndieng@lequotidien.sn

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