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Cette année, la fête du 1er mai ne sera pas des plus belles pour les travailleurs affiliés au Syndicat unique des travailleurs municipaux. Ces agents croulent sous les effets néfastes de l’Acte 3 de la décentralisation. Le coordonnateur du syndicat parle de déception et dénonce une absence de prise en charge depuis 4 ans, une retraite sans indemnité et des salaires aléatoires.

Les agents de santé, affiliés au Syndicat unique et démocratique des travailleurs municipaux (Sudtm), n’ont pas le cœur à la fête ce 1er mai. C’est du moins l’avis du coordonnateur dudit syndicat. Alphousseyni Sadio craint que la morosité que sont en train de vivre les travailleurs compromette la fête elle-même. D’ailleurs, s’interroge-t-il, «qu’est-ce qu’il y a lieu de fêter ? Une déception ? Depuis plus de 3 ans, nous étions en négociation. Nous étions dans une perspective de voir notre situation régularisée. Nous avons rien de cela», dénonce le syndicaliste, révolté. Et comme cela ne suffisait pas, l’Acte 3 de la décentralisation vient encore enfoncer la carrière des travailleurs des collectivités locales. Parce que «nous sommes aujourd’hui à 4 ans sans prise en charge médicale, sans indemnité de retraite, sans augmentation de salaire en plus des salaires aléatoires à la fin du mois», soutient-il.
Le syndicaliste, très remonté contre le régime de Macky Sall, l’accuse de non-respect des engagements pris. «Jusqu’à présent, l’Etat n’a pas tenu le Conseil interministériel extraordinaire pour revoir l’Acte 3. L’application de la deuxième phase de l’Acte 3, censée corriger les impairs est aussi restée à l’état de promesse», relève le syndicaliste.
Pour le coordonnateur du Sudtm, le gouvernement ne pourra pas se dérober. «Il ne peut se cacher continuellement derrière l’organisation de conférence sociale, ni des élections de représentativité syndicale pour dissiper les problèmes du secteur qui restent entiers», prévient M. Sadio qui ajoute qu’un syndicat est un syndicat. A tout moment, il peut changer de stratégie de lutte.
En attendant, le technicien supérieur de laboratoire au Samu municipal attire l’attention sur la morosité qui gagne le personnel, l’absentéisme, le découragement et la démotivation. Pourtant, regrette le Sudtm, la promesse de l’instauration d’une Fonction publique locale sous le règne de Abdoulaye Wade avait suscité beaucoup d’espoirs. Le syndicaliste regrette ainsi le fait que Macky n’ait pu continuer la mise en œuvre. Le syndicaliste est d’avis que les structures municipales de santé (centres et postes de santé) de Dakar ne peuvent pas fonctionner comme avec l’Acte 3 comme elles le font actuellement. Il prédit une disparition de la santé municipale à moyen et long terme si rien n’est fait. Ce, d’autant plus que les maires en charge maintenant de ces structures ne peuvent pas recruter du personnel.
ndieng@lequotidien.sn

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