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On dit souvent qu’il faut mourir pour ses idées. L’illustration parfaite en est de Vieux Mac Faye. Essuyant des critiques depuis 30 ans avec son  blues, il ne lâche pas prise. Le producteur du «Rirou tribunal» vient de lancer un maxi single de 4 titres qui annonce la couleur de son prochain album. Sera-t-il bien accueilli ? Si la question reste posée, une chose est sûre : le maxi est un chef-d’œuvre musical.

Vieux Mac Faye (Vmf) continue à démystifier la justice. Après avoir produit la série à succès Rirou tribunal, le juriste de formation pose encore un jalon en ce sens. Hier, il a lancé un maxi single en prélude à son prochain album. Si pour l’heure le contenu ainsi que le nom de l’album restent dans le secret des dieux, 4 titres (le maxi) ont été officiellement dévoilés pour annoncer la couleur. Fidèle à ses habitudes, c’est dans du blues teinté de sonorités africaines qu’il a voulu partager, entre autres, la souffrance de la magistrature. Bien que reconnaissant une justice à deux vitesses au Sénégal «comme ce qui existe dans tous les pays du monde», Vmf n’en demeure pas moins convaincu que les hommes qui composent cette corporation abattent un considérable travail d’équilibriste. Et par conséquent, «il faut saluer leur courage et leur rendre hommage». C’est l’objectif du titre Le blues du juge. Accompagné par Ouley, une ancienne pensionnaire de l’école de Ouza, et dont la voix ressemble fortement à celle de Adiouza, cette chanson est un mélange de blues avec des sonorités manding. Vmf entre dans la peau d’un juge pour exprimer ses angoisses, ses responsabilités, ce pouvoir magistral de juger qu’il se doit de peser, soupeser … Naby/toubab pour sa part fait un constat sur ce que les «Blancs» font pour l’humanité tout entière alors que des «musulmans sont aux abonnés absents». Let me tell you (laisse-moi te dire en anglais) et Benn soxna (une femme en wolof) parle de l’amour dans sa globalité.
Dans un pays où le mbalax pur et dur est roi, faire une musique jugée  «trop intelligente» paraît risqué. Mais pour Vmf, ce n’est pas parce que la majorité écoute le mbalax qu’on «ne doit pas faire autre chose». Toujours est-il que la musique n’a pas de frontière et que son but est de procurer du plaisir. Que l’on soit passionné de zouk, mbalax ou de rap, la bonne musique trouvera toujours la bonne oreille. Et dans ce contexte, le maxi de Vmf est sans nul doute un chef-d’œuvre musical. Il reste à savoir quel accueil le grand public, friand de mbalax pur et dur, lui réservera.
mgaye@lequotidien.sn

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