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C’est par la voix de Mbaye Sarr, secrétaire général du Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef), que l’on peut avoir un aperçu de l’année scolaire qui a démarré hier. En effet, après le point de  presse tenu jeudi dernier, vient l’étape du dépôt d’un préavis de grève ce 9 octobre par une intersyndicale dénommée Fédération des enseignants (Feder-e) qui regroupe 16 organisations syndicales. Ce qui est mis en priorité dans ce préavis de grève, déclare le secrétaire général du Sadef, «c’est l’application des accords signés et l’issue du protocole du 17 février 2014». L’ardoise que l’Etat doit aux enseignants en termes de rappel lié à leur validation, leur avancement et les intégrations est de 85 milliards de francs Cfa.
Parmi les revendications des syndicalistes figure la question des maîtres contractuels et des professeurs qui ont obtenu leur diplôme avant 35 ans. Quand ces derniers ont demandé un avancement, le ministre de l’Edu­cation nationale leur a intimé l’ordre de présenter la validation en cours et seulement valable pour les agents décisionnels, déclare Mbaye Sarr. Il y a également le dégel du crédit Dmc (Direction de la monnaie et du crédit), le fonds de 5 milliards mis à la disposition pour le crédit du logement. Mais pour le syndicaliste, «rien n’a été fait pour virer l’argent».
En outre, il y a le cas des enseignants du domaine technique et professionnel. Il faut une mise en place des dispositions pour permettre à ces enseignants d’avoir un plan de carrière. Quant à la question liée aux parcelles, ils interpellent le ministère de l’Urbanisme et de l’habitat. C’est un accord signé en 2003 qui ne trouve pas application correcte, entonne M. Sarr. Et de poursuivre que «nous demandons au gouvernement d’aller dans le sens des acquis».
Enfin, il y a une question «lapidaire». C’est que, d’après le syndicaliste, dans la région de Dakar, les contractuels, qu’ils soient maîtres ou professeurs, rencontrent d’énormes difficultés pour percevoir leur salaire. «Il faut que l’Etat prenne des dispositions urgentes pour que dans les meilleurs délais il ouvre des négociations sur ces questions. C’est autant de questions que nous avions mises sur le préavis et que nous avons déposées sur la table du ministre de la Fonction publique», renseigne Mbaye Sarr.
«J’ai l’impression que quand l’Etat solde la dette intérieure, il oublie gravement celle qu’il doit aux enseignants», déplore le secrétaire général de Sadef, un syndicat membre de la Feder. «C’est pourquoi il faudrait qu’on aille  à nouveau sur  la table pour demander au gouvernement d’aller dans le sens de l’appliquer», plaide Mbaye Sarr. Qui avertit : «Le préavis expire le 9 novembre prochain, le gouvernement a donc le temps de nous convoquer pour discuter.»

Cas Yavuz Selim
Evoquant le cas des écoles Yavuz Selim, Mbaye Sarr ne peut s’empêcher de considérer que «c’était une grande farce et que c’est les enseignants et les élèves qui ont été les dindons de cette farce». «On a perdu beaucoup de temps et d’énergie sur cette question. Et là c’est le ministre de l’Education nationale, de par son comportement, qui a rendu la situation incertaine», constate-t-il.
Stagiaire

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