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Mbaye Touré a été la vedette hier parmi les présumés complices de Khalifa Sall. L’agent judiciaire de l’Etat, qui a bousculé le directeur administratif et financier de la mairie de Dakar, a provoqué l’ire de Me Ousseynou Fall de la défense.

Un échange un peu tendu s’est invité hier au Tribunal de Dakar lors du procès de Khalifa Sall. C’est dans l’après-midi, pendant que les avocats de la partie civile revenaient sur les mêmes questions qui ont été posées le matin pour avoir plus de précisions, que l’incident s’est produit. C’est l’agent judiciaire de l’Etat, Antoine Dionne, qui a déclenché la passe d’armes. «Qu’est-ce qui vous permet de dire qu’en 1997, il a été créé un fonds politique», demande M. Diome à Mbaye Touré. Lequel répond : «En 1997, je n’occupais pas cette fonction et je n’avais pas été impliqué dans la caisse d’avance.» Une autre question de l’agent : «Ce matin, vous avez dit que l’établissement des factures était fait pour justifier les fonds décaissés ?» M. Touré ne laissera pas passer cette subtilité. «Il y a un problème. Ce matin, on ne m’a pas interrogé sur les factures, mais sur les Pv», précise-t-il. L’Aje reprend : «Quand est-ce que vous avez reçu du riz et du mil ?» Pour cette question, le Daf de la mairie de Dakar affirme qu’il a «signé des Pv de perception de riz et de mil». Mais M. Diome ne semble pas convaincu et insiste : «Ma question est précise, vous avez reçu du riz et du mil.» Son interlocuteur ne se laisse pas faire : «Moi aussi j’ai été précis dans ma réponse. L’objectif, ce n’était pas de recevoir du riz et du mil.» Face à cette interrogation qui a duré des heures, Me Ousseynou Fall, avocat de la défense, n’a pu contenir sa colère. Il se lève de sa chaise, interrompt l’agent judiciaire et fulmine : «Je ne tolérerai pas qu’on malmène nos clients comme des canards sauvages. Ce sont des pères de famille qui sont là. Il faut les respecter. Vous n’avez pas à l’interpeller comme ça.»

Malick Lamotte : «Je demanderai au bâtonnier de régler ces problèmes»
Le président du Tribunal intervient pour remettre de l’ordre. «Il faut qu’on respecte le droit de l’avocat. Vous devez reculer. Cela ne peut plus continuer. Il faut qu’on arrête ces gens-là qui interviennent sans qu’on ne leur donne la parole. Je demanderai au bâtonnier de régler ces problèmes-là», promet Malick Lamotte. Au tour de Me Baboucar Cissé, un des avocats de l’Etat d’appeler, lui aussi, Mbaye Touré à la barre. Mais cette fois-ci, ce dernier ne sera pas seul. Quelques-uns des avocats de la défense se sont mis en bloc autour de lui. Me Cissé ironise : «On dirait que je fais peur de l’autre côté, hein. Je demande Mbaye et tout le monde se lève.» Il enchaîne alors une série de questions pour le directeur administratif et financier de la mairie de Dakar. L’homme qui constitue un des éléments clés de ce dossier était appelé à tour de rôle par les avocats, mais il restera serein et sans varier dans ses propos.
mfkebe@lequotidien.sn

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