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Blottie au milieu d’entreprises géantes et polluantes, la commune de Mboro s’expose au quotidien à un cocktail explosif. En effet, zone industrielle à outrance, combinant une vocation maraîchère, maritime et touristique, Mboro est très attractive ; en attestent une densité qui frise le trop-plein (8 533h/km2), une croissance urbaine appréciable de 8,34%. Pourtant, l’urbanisation de cette commune née en 2002 reste un défi majeur, permanent et préoccupant du fait de l’existence d’une seule et unique voie : la D702 reliant Tivaouane et Mboro.
En raison du caractère sablonneux du site, toute l’activité commerciale est basée le long de la route, à l’origine d’une surcharge faite d’irresponsabilités, de confusions, de méconnaissances, avec comme dénominateur commun l’indiscipline du citoyen lambda. C’est d’ailleurs ce qui nous a valu le triste et désolant incendie du 23 février dernier, ayant ôté la vie à six paisibles innocents. Cet état de fait cache en toile de fond le culte de la négligence, doublé d’une boulimie aux relents égoïstes.
En dépit de cette mémorable déchéance humaine et citoyenne, les comportements quotidiens le long de la route ne s’amendent pourtant guère : entrepôts de carburant nichés au milieu des habitations -installations sauvages de garages mécaniques, d’étals commerciaux ; tout y passe. Et pour couronner le tout, les Ics empruntent cette même et unique voie de 4m de large pour acheminer soit de l’acide fluosilicique soit du soufre. Or, selon le Figaro.fr santé : «L’inhalation de dioxyde de soufre porte principalement atteinte au système respiratoire. Une fois absorbé par les muqueuses respiratoires, il est transporté par le sang vers les autres organes. Dès lors, les ions sulfites et bisulfites formés par la dissolution pourraient endommager les tissus cellulaires (…)»
A titre d’exemple, au cours de ce mois, près de 600 kg de soufre se sont déversés sur la route, à la hauteur du lycée.
D’ailleurs, ces dangers, émanant des citoyens ou des entreprises, nous les vivons au quotidien dans une zone dépourvue de structures d’assistance.
C’est alors le lieu de méditer les propos fort pertinents et prévenants de lbert Schweitzer : «Occupés par leur désir d’atteindre la lune, les hommes ont échoué à voir les fleurs qui s’épanouissent à leurs pieds.»
Cette invite doit amener les citoyens mborois à changer de comportements, mais aussi les Ics à construire une autre voie de contournement, de Darou à  Khon­dio, via la piste de haute tension.
Aussi, la fonction régalienne semble absente, tout y est priorité et les Mborois semblent être abandonnés à eux-mêmes, ils ont le sentiment d’être des Sénégalais de seconde zone.
Les autorités doivent par conséquent rendre la Rse contraignante, avec à la clé la publication des cahiers de charge.
Par ailleurs, face à la recrudescence de l’insécurité teintée de rapts d’enfants à l’échelle nationale, le ministre de l’Intérieur a récemment décidé l’érection de six commissariats à Dakar. Nous saluons certes la mesure, mais estimons qu’en tant qu’arrière-banlieue de la capitale sénégalaise, Mboro mérite d’étrenner  ses compagnies de police et de sapeurs-pompiers afin de contenir les dangers qui la guettent quotidiennement. Cela est d’autant plus vrai que l’absence d’éclairage public efficient, le dynamisme démographique et la présence des entreprises ont fini d’installer la psychose d’une anxiété permanente.
De même, en raison de la pollution, des accidentés du travail souvent notés et l’éloignement des autres localités, il serait pertinent de concrétiser dans les plus brefs délais le projet d’hôpital des Niayes pour prévenir somme toute d’éventuelles catastrophes. Jacques Caron souligne fort à propos : «A voir venir sans prévenir, vous n’avez pas le droit de revenir sans pour autant en convenir.»
Cheikh Ahmed Tidiane SALL
Membre fondateur du Cadre local de concertation pour le développement de Mboro

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