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Le forum multi-acteurs sur le contenu local dans le secteur extractif, organisé par l’entente régionale de coalition Publiez ce que vous payez (Pcqvp), a été une occasion pour les participants de la commune de Mboro de se scandaliser de l’absence de retombées de l’activité minière sur leur territoire.

Les populations de Mboro, une commune du département de Tivaouane dans la région de Thiès, n’en peuvent plus de continuer à observer, les bras croisés, l’exploitation de leurs ressources minières sans aucune retombée pour elles et leur commune. Laquelle commune a toute son histoire intimement liée à celle du phosphate dont la première tonne extraite de son sous-sol remonte à 1959, un an avant l’accession du pays à la souveraineté nationale. Depuis, cette exploitation a prospéré amenant une fusion de l’entreprise extractive, la compagnie sénégalaise des phosphates de Taïba avec les Industries chimiques du Sénégal. Toutes activités qui entraineront un développement démographique de la localité qui, de 8 000 est passée à environ 40 000 âmes. Au­jourd’hui, d’autres unités extractives non moins importantes y exploitent d’autres minerais comme le zircon et l’ilmé­nite  avec des prévisions de l’ordre de 77 000 tonnes de zircon par an pour un investissement global de 290 milliards de francs Cfa. Cette situation, selon ces populations qui prenaient part au forum multi-acteurs sur le contenu local dans le secteur extractif organisé par l’entente régionale de coalition Publiez ce que vous payez (Pcqvp), contraste  avec la pauvreté et la paupérisation dans lesquelles elles se meuvent au quotidien. «Nous n’accepterons plus que nos terres soient une sorte d’el dorado pour des gens venus d’ailleurs qui nous dépouillent de nos ressources sans aucune retombée pour notre commune», dénoncent-elles. En atteste, font-elles savoir, l’absence quasi totale d’infrastructure dans cette ville qui ne vit que par les activités agricoles qu’elle développe, grâce à sa position privilégiée dans la zone des Niayes et en partie par ses ressources halieutiques. A les en croire, «80% des légumes consommés dans le pays proviennent de cette zone et les sous-secteurs de la pêche et de la transformation génèrent environ 50 millions de francs Cfa par jour». Mais, regrettent-elles, malgré tout ce potentiel économique de la ville, aucune banque n’est installée sur l’espace communal. Ainsi, outre la difficulté d’accès aux crédits qui handicape le développement d’activités génératrices de revenus, les employés des unités industrielles de la localité sont obligés de se faire payer en liquide ou alors de faire un déplacement sur 23 kilomètres pour trouver une banque à Tivaouane. A cela s’ajoutent l’absence d’électricité et le manque d’eau dont souffrent quotidiennement les populations. En effet, selon elles, seuls 7 des 27 quartiers de la commune sont correctement alimentés en eau et électricité. Pis, poursuivent-elles, la commune de Mboro ne dispose pas d’un centre de santé digne de ce nom. La conséquence en étant non seulement la faiblesse de la couverture sanitaire mais aussi que même pour les certificats médicaux pour justifier les absences relavant de maladie, les travailleurs sont obligés de se déplacer jusqu’à Tivaouane.  Ce qui pousse à se poser la question de savoir si les Ics et les autres unités industrielles de la localité respectent la clause de la responsabilité sociétale des entreprises. Pour toutes ces raisons, les populations de Mboro d’attirer l’attention du chef de l’Etat sur la situation réelle qui sévit dans leur commune, afin que des dispositions particulières soient prises en réponse aux multiples difficultés dont souffre la population.
nfniang@lequotidien.sn

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