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La gestion de l’hydraulique rurale est souvent contestée par les populations. A Kirène et Bandia, elles ne veulent pas du choix d’Aquatech pour la gestion de leur forage et l’ont exprimé à travers une marche pacifique pour refuser de céder sa gestion parce qu’il «a été construit» par leurs partenaires. Elles ont même chassé les agents d’Aquatech qui étaient venus pour la signature du contrat de gestion.

Les populations de Kiréne, Bandia Séssene et de Mbambara, situés dans la commune de Diass, ont organisé hier une marche pacifique dans le village de Dobour où se situe le forage pour dénoncer la mesure prise par l’Etat de confier la gestion de leur forage à Aquatech. Arborant des brassards rouges en signe de protestation, Assane Thiandoum, le porte-parole des chefs de villages de Kirène, Bandia Séssene et de Mbambara, ne cache pas son incompréhension. «Nous ne sommes pas d’accord pour que ce forage soit cédé à Aquatech. Nous sommes derrière la population parce qu’avec Aquatech, ces villages ne vont avoir que des problèmes pour se procurer de l’eau. Il y a un comité qui gère notre forage depuis trois mois, il a produit d’excellents résultats. Notre souhait, c’est de voir ce comité poursuivre le bon travail qu’il est en train de mener», conseille le chef du village de Bandia.
Très remonté contre la société et les autorités décentralisées, Souleymane Mbengue, imam de Kiréne, invite l’Etat à revoir cette décision. «Nous nous dresserons toujours contre l’injustice, c’est pourquoi nous refusons de céder ce forage à cette société. L’eau est vitale pour la prière, il faut faire d’abord ses ablutions pour prier, pour faire le lavage de nos morts, pour se purifier entre autres. Donc, l’eau est au début et à la fin de nos pratiques surtout pour les musulmans. Nous voulons qu’on nous laisse avec notre forage parce que nous avons l’expérience et nous invitons le Président Macky Sall à revoir cette décision», déclare le porte-parole des imams.
Ces populations fustigent la démarche des autorités qui veulent «accaparer» ce forage construit par des partenaires. Alassane Sène, porte-parole des manifestants, ne comprend pas cette décision de confier la gestion de leur forage à une entreprise privée. «La population de Kirène et de Bandia, unie, dit non à Aquatech, notre forage est un forage privé qui a été réalisé grâce à une très longue lutte. A la suite de multiples marches organisées par la population, des entreprises locales telles que Vanoers, Siagro ont mis la main à la poche pour soulager les populations des grosses difficultés liées au manque d’eau. C’est cette lutte qui a abouti à la construction de ce forage. Nous n’accepterons pas qu’Aqua­tech prenne notre forage et pour cela nous nous engagerons à lutter jusqu’au dernier souffle», insiste M. Séne.
Ces populations lancent un appel au président de la République, au ministre de l’Hydraulique, au sous-préfet de Bandia pour que cette décision ne soit pas entérinée. «Kirène et Bandia sont debout pour dire non à Aquatech et que nous n’accepterons pas qu’elle prenne ce forage. Nos voisins de Diass ne peuvent plus avoir de l’eau, ils font recours à des camions citernes, c’est le cas à Guéreo, Tchiky et Kiniabour, nous ne pouvons pas  accepter qu’une équipe qui gagne, qui a fait des bénéfices en moins de trois mois, soit remplacée. Notre forage n’est pas comme les autres forages, c’est un forage privé. Qu’ils sachent qu’ils ne peuvent pas obliger les gens à signer. Il est hors de question de l’accepter», précise M. Sène. En guise d’avertissement, les villageois ont chassé les deux agents d’Aqua­tech, qui étaient venus pour la signature du contrat de cession de la gestion du forage. Nos tentatives de joindre l’équipe d’Aquatech sont restées vaines…

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